Bordelais : Une réussite personnelle, une défaite collective ”

Claudine Galbrun

Bordeaux En lançant sa marque l'Affranchi, un vin de table en terres bordelaises, Renaud Jean, vigneron à Saint-Macaire en Gironde, affiche non seulement une ambition commerciale mais aussi politique.

L'Affranchi : rien que le nom sonne comme un défi. Sans compter que l'étiquette arbore un tilleul, arbre symbole de la liberté.
Ce nom, Renaud Jean ne l'a pas choisi au hasard mais pour se démarquer du système bordelais qui, selon lui, est aujourd'hui dans l'ornière. “ Bordeaux va mal car je gagne plus d'argent en vendant un vin de table que de l'AOC bordeaux. C'est une démarche politique. En achetant l'Affranchi, le consommateur achète aussi un outil de résistance. ” Car le vigneron qui avec un de ses amis, impliqué dans cette affaire a monté une société de négoce, a aussi voulu s'affranchir du traditionnel circuit de commercialisation bordelais en choisissant de ne vendre qu'aux particuliers “ pour regagner de la marge. Si j'avais vendu du bordeaux pas cher, cela n'aurait pas marché et en plus j'aurais cassé l'image de bordeaux ”.
Et ça marche : les volumes commercialisés sont passés en trois ans de 15 000 à 70 000 bouteilles. La bouteille est vendu 2,50 euros TTC, livrée à domicile.

« Grâce à l'Affranchi, je boucle mes fins de mois. Étant en vin de table, je ne paie pas de taxe au système bordelais soit une économie de près de 10 000 euros par an », souligne Renaud Jean. (DR)

« Grâce à l'Affranchi, je boucle mes fins de mois. Étant en vin de table, je ne paie pas de taxe au système bordelais soit une économie de près de 10 000 euros par an », souligne Renaud Jean. (DR)

Économie d'environ 10 000 euros par an

“ Ce qui, rapporté au tonneau, revient à 1 500 euros. Grâce à l'Affranchi, je boucle mes fins de mois. Étant en vin de table, je ne paie pas de taxe au système bordelais soit une économie de près de 10 000 euros par an. Et je gagne sur les coûts de production, n'étant pas limité par les rendements. Je sais que ce modèle n'est pas extensible à tous les producteurs mais ce que beaucoup pourraient faire est de se réapproprier la commercialisation ”. Pour autant, Renaud Jean ne souhaite pas sortir complètement du système AOC. “ Je veux rester à l'intérieur du jeu pour continuer à y participer et essayer de faire avancer les choses. Mais pour l'heure, si c'est une vraie réussite professionnelle, ce n'en est pas moins une véritable défaite collective. ”

Source Réussir Vigne Décembre 2009

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