Champagne et Cognac, les prix des vignobles flambent

Les prix ont flambé en 2012 dans certains vignobles d'exception (Photo DR)

Le Champagne ou le Cognac sont de plus en plus convoités à l'international. Résultat: le prix des terres a flambé en 2012, l'hectare champenois se négociant même plus d'un million d'euros dans un marché du foncier rural pourtant morose.

C’est sur le marché des vignobles que les disparités sur les prix des terres sont les plus criantes avec des écarts de 1 à 92 selon les régions. Ainsi quand un hectare s'échange 11.800 euros dans le Languedoc Roussillon (-1,7% sur un an), il s'arrache 1,08 million en Champagne !

Les prix ont flambé en 2012 dans certains vignobles d'exception (+21,5% en Champagne, +10% dans le Cognac), dopés par la demande hors Europe de ces boissons emblématiques du luxe français. La pression sur le foncier champenois devrait néanmoins se calmer en 2013 avec le tassement des ventes de Champagne en 2012.

Dans le bassin Bordeaux-Aquitaine, les prix ont progressé en moyenne de 3,3% mais là encore, certaines parcelles se démarquent : l'AOP (Appellation d'origine protégée) Pauillac a continué son envolée pour atteindre 2 millions l'hectare et l'AOP Pessac-Léognan a enregistré sa 4e année de hausse à 400.000 euros l'hectare en moyenne.

Encadrer le marché

A ces prix, très clairement, aucun jeune ne peut prétendre s'installer. Et pour les Jeunes Agriculteurs, "ces niveaux de transaction montrent bien que certains spéculent sur les terres et n'en font pas un outil de travail", estime Thomas Diemer, responsable des questions foncières du syndicat.

Mais surtout, "on voit qu'il y a de plus en plus de transactions faites par des sociétés et non des exploitants".  "Lorsqu'il s'agit de faciliter les transmissions au sein d'une famille, on n'est pas contre mais on peut craindre des dérives lorsque que des sociétés, qui ne sont pas exploitants, se portent acquéreuses", a ajouté Thomas Diemer.

D'où pour lui l'importance d'encadrer le marché, en "priorisant" la vente de terres aux futurs agriculteurs, ou de mettre en place des produits financiers qui permettent à des investisseurs de placer de l'argent tout en finançant des candidats à l'installation.

C'est ce que viennent de faire par exemple les éleveurs de moutons en s'associant à une société d'investissement pour monter le fonds Labeliance Agri 2013, qui espère lever 20 millions d'euros d'ici juillet pour financer des projets de création ou de modernisation d'exploitations agricoles.

Source avec AFP

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