Conjoncture : L'optimisme retrouvé des coopératives vinicoles

Bruno Carlhian

Restructuration La hausse des prix intervenue lors de la campagne 2010/2011 a donné une bouffée d'air frais aux coopératives, après quatre ans d'une conjoncture très dégradée. Une embellie qu'elles entendent mettre à profit pour conforter leurs outils et leur organisation commerciale.

“ Les coopératives vinicoles se portent bien. Elles sont en ordre de marché pour relever les défis l'avenir ”, a assuré Denis Verdier, le président de la Confédération nationale des coopératives, la CCVF, lors de son assemblée générale, début juillet dans le Var. L'amélioration de la conjoncture a en effet permis un rattrapage des prix qui a profité aux vignerons coopérateurs et à leurs entreprises. Ces dernières entendent bien enfoncer le clou lors de la campagne 2011-2012. “ Compte tenu des stocks à la fin juillet, les plus faibles depuis 20 ans, il n'y a pas de raison que le rattrapage des prix ne se poursuive pas en 2011-2012 ”, a estimé Denis Verdier. Selon lui, les coopératives ont les moyens de ne pas céder en dessous de prix paliers, évoquant celui de 70 à 75 euros/hl pour des vins de cépage sans IG. Denis Verdier compte cependant sur les volumes plus conformes à une année normale cette année qu'aux seuls prix, pour améliorer le revenu des sociétaires. “ Nous ne souhaitons pas une flambée des prix ”, a d'ailleurs commenté Roque Pertusa, le président de la Fédération des caves coopératives du Var, hôte du 39e congrès de la CCVF. “ Les prix sont parfois moins élevés dans les coop, mais nos coûts de revient aussi. Il faut donc rester raisonnables. Les prix actuels permettent aux exploitations de revenir dans l'investissement. ”

“ Les prix actuels permettent aux exploitations de revenir dans l'investissement. ” (© P. Cronenberger)

“ Les prix actuels permettent aux exploitations de revenir dans l'investissement. ” (© P. Cronenberger)

Des fusions pour conforter les outils

Le secteur coopératif entend profiter de cette période plus favorable pour poursuivre ses efforts de restructuration. “ Nous souhaitons qu'il y ait encore des fusions, pour conforter les outils ”, a indiqué Denis Verdier en clôture du congrès. Une mise en commun qui doit selon lui concerner la collecte, “ mais aussi le négoce. ” Après une vague de fusions liée à la baisse des volumes ou aux difficultés traversées par certains vignobles, l'heure est à des rapprochements à caractère économique, note Olivier Margarot, le secrétaire général de la CCVF. Nombre des rapprochements observés ces derniers mois reposaient sur la volonté de développer l'organisation commerciale et d'élargir la gamme des produits proposés. En témoigne, en 2010, la fusion des caves de Bully et de Quincié (69) pour donner les “ Vignerons de Bully-Quincié ”, celle des caves d'Ouveillan, de Narbonne, de Vinassan et de Sallèles d'Aude (11) pour donner “ Les Vignerons du Narbonnais ”, la fusion de la Tautavelloise, des Maîtres Vignerons de Tautavel et de la Coopérative Viticole de Vingrau (66) dans la coopérative des vignerons de Tautavel-Vingrau ou enfin l'absorption des Vignerons de Calvisson (30) et des Grands Grès (30) par la cave des Vignobles du Soleil (30). “ De véritables pôles régionaux se sont ainsi constitués ”, commente Olivier Margarot, qui reconnaît cependant que le phénomène commence à atteindre “ un seuil ”. La coopération n'en a pas pour autant perdu de terrain. Si le nombre de coopératives a fortement diminué ces dernières années (elles sont 754 aujourd'hui, une centaine de moins qu'il y a dix ans), la part des coopératives dans la production est stable, à 49 %.

 

Ce regain d'optimisme incline les coopératives à réfléchir à une stratégie commerciale plus globale. “ Les gammes de nos caves n'ont pas été construites de manière harmonieuse. Il faut organiser tout cela pour créer une image commune et jouer des synergies ”, milite Eric Pastorino, vice-président de la fédération des caves coopératives du Var. Au niveau confédéral, la Confédération engagera, après les vendanges, une réflexion sur la notion de “ vignerons coopérateurs ”. L'idée est d'inciter les coopératives à s'emparer d'un logo commun dans leur communication avec les institutions, dans les caveaux, voire sur les bouteilles elles-mêmes.

Source Réussir Vigne Septembre 2011

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