Consommation de vin : Une enquête réalisée en 2005 confirme la tendance à la baisse

Marion Ivaldi

Viniflhor et l'Université de Montpellier 2 livrent les résultats de l'étude sur la consommation des vins en France réalisée en 2005. Les tendances confirment une baisse de la consommation de vin.

Le vin, une boisson commerciale parmi d'autres

“ La consommation de vin doit se comprendre aujourd'hui en fonction des autres boissons commerciales. On ne peut plus faire l'économie de cette analyse ”, indique Patrick Aigrain de Viniflhor. Le vin est en effet concurrencé par rapport aux autres boissons commerciales. La consommation d'eau en bouteille et de boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA) lors des repas connaît une progression constante depuis 1980. L'eau du robinet et le vin observent une régression. En 1980, le vin accompagnait le repas d'un Français sur deux. Aujourd'hui, c'est un peu moins d'un Français sur trois qui pose une bouteille sur sa table pour accompagner son repas. La montée en puissance des BRSA est particulièrement marquée chez les moins de 25 ans. “ Elles sont consommées dans différents contextes de consommation que ce soit pour un moment de détente ou au cours du repas. Les jeunes en consomment même lors de repas avec des invités ”, précise Françoise Brugière, de Viniflhor.

Habitudes alimentaires (Source : Viniflhor-Université de Montpellier 2).

Habitudes alimentaires (Source : Viniflhor-Université de Montpellier 2).

Les Français perdent le goût du vin

“ L'enquête montre qu'il y a une évolution sensible dans l'appréciation du goût du vin. Le nombre de personnes déclarant aimer le vin est en baisse sensible et c'est une minorité qui apprécie son goût ”, explique François d'Hauteville, professeur à l'agro de Montpellier. Les hommes sont plus nombreux à déclarer apprécier le vin que les femmes. Par ailleurs, le goût du vin vient avec l'âge : les jeunes apprécient moins le vin que les plus de 35 ans. Le vin est ainsi la boisson de l'homme mûr. L'enquête montre également une baisse de l'appréciation du vin par les plus de 60 ans. Plus leur niveau de revenu est important, plus les personnes déclarent apprécier le goût du vin. “ Le vin est devenu élitiste ”, poursuit François d'Hauteville. Et Françoise Brugière de confirmer que “ le vin a perdu ses consommateurs populaires, à force de faire croire qu'ils n'avaient pas les moyens de s'acheter du bon. Ce constat n'est en revanche pas vrai pour les bulles. Les consommateurs n'hésitent pas à acheter un effervescent à un euro. ”

L'enquête révèle ainsi que le vin est perçu comme un produit cher, même par les personnes de classe aisée. “ Les consommateurs quotidiens qui achètent des vins à bas prix en achètent beaucoup. Le vin est donc un poste important dans leur dépense de consommation alimentaire. Les consommateurs occasionnels achètent le vin à 6-8 euros et considèrent ce budget comme étant élevé. ”

Goût pour le vin (Source : Viniflhor-Université de Montpellier 2)

Goût pour le vin (Source : Viniflhor-Université de Montpellier 2)

 

Baisse de la consommation d'une génération à l'autre

Les observations depuis 25 ans montrent que les jeunes boivent moins de vin que leurs parents. C'est l'effet de l'âge sur la consommation de vin. Ainsi, l'étude montre qu'il n'y a aucun consommateur régulier chez les moins de 25 ans. Il existe un autre effet moins connu : celui de la génération. À chaque nouvelle génération, il y a moins de consommateurs réguliers que dans celle qui la précède. À partir de 30 ans, la part des réguliers dans une génération n'augmente plus mais la part des occasionnels progresse. Ces observations sur 25 ans ont permis à Jean-Pierre Laporte de l'unité Moisa de l'Inra de Montpellier de réaliser des projections à l'horizon 2015. “ Le but de ces projections est de donner une idée de la répartition de la consommation si aucunes mesures n'étaient prises pour endiguer les évolutions ”, insiste Françoise Brugière. Car, les projections montrent une érosion des consommateurs réguliers qui ne présenteraient plus que 13 % des consommateurs de vin contre 20 % en 2005, et 51 % en 1980. La proportion d'occasionnels reste stable à 43 %, tandis que les non consommateurs sont de plus en plus nombreux. Ils pourraient être 43 % en 2015 contre 38 % en 2005.

Consommation en fonction des générations  (Source : Viniflhor-Université de Montpellier 2)

Consommation en fonction des générations (Source : Viniflhor-Université de Montpellier 2)

 

Contexte de consommation  (Source : Viniflhor-Université de Montpellier 2)

Contexte de consommation (Source : Viniflhor-Université de Montpellier 2)

 

Source Réussir Vigne Janvier 2008

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