De faux grands crus vendus à prix d’or par le « Dr Conti »

De faux grands crus vendus à prix d’or par le « Dr Conti »
Kurniawan faisait fabriquer les tampons apposés par les grands domaines sur leurs bouchons (DR)

Lundi à New York, comparaissait l'Indonésien Rudy Kurniawan, jugé pour avoir falsifié dans sa cuisine des vins qu’il transformait en faux grands crus français pour les revendre à prix d'or.

Un expert de la maison d'enchères Sotheby's à Londres qui a examiné, à la demande des autorités américaines, 267 bouteilles de Rudy Kurniawan est formel : "La vaste majorité étaient des contrefaçons", dit-il à la barre. Beaucoup étaient des faux Bourgogne du domaine de la Romanée-Conti, les vins préférés de Kurniawan, surnommé "Dr Conti".

Des bouteilles qu’il revendait à prix d’or.  En 2006, deux ventes aux enchères à New York qui proposaient des vins de Rudy Kurniawan ont notamment récolté 35 millions de dollars. Les prix atteints aux enchères avaient de quoi faire tourner la tête : six bouteilles de Bourgogne Bonnes Mares 1962 pour 35.000 dollars. Un magnum de Romanée-Conti 1979 pour 7.000 dollars. Un jéroboam (bouteille de 3 litres) de La Tache, Domaine de la Romanée-Conti pour 48.000 dollars.

Difficile de savoir combien de fausses bouteilles ce collectionneur de grands vins a mises sur le marché entre ses débuts en 2002 et son arrestation en 2012.

Près de 19.000 étiquettes falsifiées

Kurniawan, travaillait à partir d'une étiquette authentique, changeait l'année, parfois d'un seul chiffre, ajoutait un tampon, un numéro de série... et imprimait le tout en haute résolution. Au total, près de 19.000 étiquettes "représentant 27 des meilleurs vins" au monde ont selon l'expert été retrouvées chez Kurniawan en Californie, dont 40 étiquettes de Romanée-Conti 1945, une année tellement rare qu'il n'en existe plus.

Kurniawan, 37 ans, copiait et faisait fabriquer les tampons apposés par les grands domaines de Bordeaux ou de Bourgogne sur leurs bouchons, a-t-il aussi expliqué.

Kurniawan avait réussi à se faire rapidement une place dans le petit monde des collectionneurs de grands crus, grâce à un palais exceptionnel et à une générosité sans limite. Menant grande vie, il vivait illégalement aux Etats-Unis depuis qu'une demande d'asile lui avait été refusée en 2003.

Il risque jusqu'à 40 ans de prison.

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