De nouveaux plans de restructuration collective en projet

Marion Ivaldi - Réussir Vigne Janvier 2013

De nouveaux plans  de restructuration collective en projet
Dans le cadre du Programme national d’aide, les arracheurs purs ne pourront plus être subventionnés. © P. Cronenberger

Mieux dotés et permettant une vraie stratégie de bassin, les plans de restructuration collective devraient être encore plus nombreux dans le cadre du nouveau programme national d’aide.

A u côté de la restructuration individuelle, les plans de restructuration collective prennent peu à peu de l’ampleur pour renouveler le vignoble français. Muscadet, vallée du Rhône… ont fait le choix de proposer ce programme de renouvellement du vignoble sur le programme d’aide européen 2008-2013. En tout, la restructuration collective a représenté 40 % de l’enveloppe destinée à la restructuration. L’objectif affiché par FranceAgriMer est d’atteindre les 2/3 du budget dans le cadre du prochain plan d’aide européen, baptisé Programme national d’aide (PNA). Certaines régions se montrent déjà intéressées.

La densité comme clé d’entrée principale

En beaujolais, c’est la première fois qu’une restructuration s’organise collectivement. “ Notre plan vise à inciter les vignerons à planter de façon plus moderne et répondre aux contraintes économiques et environnementales ”, indique Frédéric Laveur, président de l’Organisme de défense et de gestion du beaujolais. La région souhaiterait promouvoir une plantation à 5 000 pieds/ha avec un écartement minimum de deux mètres, contraintes qui correspondent au nouveau cahier des charges. Actuellement, les densités varient entre 8 000 et 10 000 pieds/ha avec des écartements d’un mètre, ce qui ne permet pas de laisser des bandes enherbées ni mécanisation. De leur côté les producteurs girondins souhaitent également adapter leur vignoble pour correspondre aux critères de densités prévus par le cahier des charges rédigé récemment. Pour eux, il s’agit de diminuer les densités. Le vignoble a également besoin d’une adaptation de l’encépagement blanc. Le Sud-Est n’est pas en reste de cette vague d’engouement pour la restructuration collective. Les Bouches-du-Rhône et le Var sont en pleine préparation d’un plan visant à améliorer la qualité des plantations. Là encore, la clé d’entrée est la densité de plantation que les provençaux souhaitent, suivant les cas, soit augmenter, soit diminuer. Dans le Gers, les vignes ont toutes été restructurées à la densité optimale. “ Nous étudions l’intérêt d’un changement de clones ”, indique l’ODG côtes de gascogne. De nouveaux clones de colombard, plus qualitatifs, sont en effet désormais à la disposition des vignerons. Le changement de clones sera-t-il retenu comme clé d’entrée pour la restructuration ? Pas sûr d’autant que celle de la densité pose problème.

La densité en question

Le ministère de l’Agriculture a en effet informé les vignerons que la densité devrait être validée par Bruxelles qui ne l’avait pas retenue dans un premier temps. De quoi provoquer le mécontentement des producteurs. “ Le changement de densité concerne la majorité des vignobles. Si elle n’est pas retenue, il est quasi certain que le vignoble français fera peu de restructuration ”, s’alarme Bernard Farges, président de la CNAOC, rejoint par de nombreux présidents d’ODG. D’autres s’interrogent sur la volonté du ministère de l’Agriculture. “ Si la densité n’est pas retenue, le budget alloué à la restructuration ne sera pas consommé. Que fera-t-on des fonds ? Des droits à paiements de base ? J’espère que ce n’est pas la volonté cachée du ministère de l’Agriculture par souci de simplification administrative ! ”
Autre sujet de mécontentement : les producteurs d’IGP du Sud-Est souhaiteraient cibler la restructuration sur les vignobles d’IGP. Ce à quoi FranceAgriMer rétorque que la restructuration ne peut prendre en compte la segmentation. “ Le choix des cépages éligibles oblige à penser aux différentes modalités de production au sein du bassin. Il induit une réflexion sur la mixité. ” Un vœu pieu pour Thierry Icard, président d’InterMed. “ Jusqu’à présent les restructurations mises en œuvre en Provence n’ont visé que les AOP, je souhaite que les IGP puissent bénéficier de ce programme. La restructuration devrait être adaptée à la segmentation des produits. ” 

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