En Alsace, un plan d’encépagement obligatoire d’ici 2015

Pierre Rémond - Réussir Vigne Mai 2013

Raisin pinot gris à surmaturité en Alsace. © P. Cronenberger
Le plan s'appliquera aux replantations et aux nouvelles plantations afin d'éviter "des aberrations comme à la fin des années 1990 quand les viticulteurs ont planté du pinot gris un peu partout ”, relate Gilles Ehrhart. © P. Cronenberger

Le vignoble a engagé une réflexion afin de décider quels cépages sont les plus aptes à être plantés sur un terroir donné. Il est le premier en France à s’attaquer à un tel chantier.

L’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava) a lancé la balle dans le camp des syndicats viticoles locaux fin 2012. Leurs membres ont reçu des outils cartographiques et un logiciel pour les aider à établir un zonage en fonction de divers paramètres (altitude, réserve utile en eau, courants d’air…) qui peuvent influencer le cycle végétatif de la vigne. À eux ensuite de classer les sept cépages alsaciens en trois catégories : recommandés, s’ils sont particulièrement adaptés aux conditions pédo-climatiques locales ; autorisés, s’ils peuvent convenir, ; ou inappropriés, s’ils sont certains qu’ils n’y réussiront pas. “ Ce sont les vignerons qui connaissent le mieux les situations et sont les plus à même de justifier leurs choix ”, confie Gilles Ehrhart, responsable du dossier à l’Ava. Une commission appuyée techniquement par l’Inao jugera de la cohérence des propositions quand deux ou plus de bans communaux se touchent.

Eviter les aberrations

Les cahiers de charges des AOC Alsace et crémant d’Alsace prévoient le dépôt en mairie d’un plan d’encépagement par commune agréé par l’Inao pour le 31 juillet 2015 au plus tard. Ils s’appliqueront seulement aux replantations et aux nouvelles plantations. “ Ils éviteront des aberrations comme à la fin des années 1990 quand les viticulteurs ont planté du pinot gris un peu partout ”, relève Gilles Ehrhart. Ces plans seront révisables dans le temps et opposables. Si un viticulteur décidait de planter un cépage inapproprié, il perdrait le droit à l’appellation. “ Un tel plan doit être un guide, un outil qualitatif mis à disposition des professionnels qui n’auraient pas de recul suffisant ”, plaide Gilles Ehrhart. D’ici 2015, l’Alsace a 119 plans d’encépagement à valider. 

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier