Entre impatience et optimisme

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Entre impatience et optimisme
Stéphane David termine le nettoyage et la désinfection de ses cuves : le millésime 2013 est impatiemment attendu ! © Loire-Atlantique Agricole

Au Domaine viticole David-Duvallet, à Vallet, tout est fin prêt pour accueillir la récolte 2013. Celle-ci devrait être belle et bonne. Et apporter avec elle un renouveau.

Cette année, chez Stéphane David, comme chez beaucoup de vi­gnerons du Pays nantais, le nettoyage des cuves dans la semaine précédant les vendanges aura été plus rapide que d’habitude ! Et pour cause : la récolte 2012 a été si faible que certaines cuves sont restées vides toute la saison ! Pour ces dernières, nul besoin de passer par l’étape du détartrage, qui nécessite pas mal d’huile de coude pour ôter toute la gravelle des parois. La seule désinfection, suivie d’un bon séchage, leur permettra d’accueillir, dans des conditions optimales, les jus qui vont s’écouler des pressoirs à partir de la semaine prochaine.
La machine à vendanger du domaine, – une Pellenc 4240 –, ainsi que les tracteurs, sont aussi prêts à entrer dans les parcelles, tandis que les matériels de culture, eux, ont été nettoyés, graissés, révisés, avant leur hivernage.

Le ban et le savoir-faire vigneron

« Nous pensons démarrer les vendanges le 25 septembre », commente Stéphane David. Un premier point de mesure des sucres et de l’acidité a été effectué par les techniciens viticoles le 16 septembre (lire ci-contre). Il en faudra un deuxiè­me, voire un troisième, pour que le syndicat du muscadet se prononce et propose au Préfet un « ban des vendanges ».
Mais pour Stéphane David et Sébastien Duvallet, c’est plus leur savoir faire et leurs propres analyses (au « mustimètre » pour les sucres et au Bleu de bromothymol pour l’acidité) qui déterminent la date optimale de récolte. « On avait pensé tabler sur le 23 septembre, mais septembre a été plutôt froid. La vigne a perdu l’avance qu’elle avait prise avec le beau temps. Du coup, on retombe sur le cycle normal de la vigne : des vendanges pile 90 jours après la floraison. »
Cette vendange 2013, Stéphane David l’attend avec impatience. « Je crois que c’est la première fois depuis mon installation, en 1997, que je suis aussi impatient ». Et ce n’est pas uniquement parce que les cuves sont vides. C’est aussi parce que la vendange s’annonce belle : « Je suis serein et optimiste ! »
En cette mi septembre, la récolte s’annonce en effet belle, plus que prévu, car peu de grappes sont sorties cet été. Cette sortie est en effet déterminée par la floraison de l’année précédente (2012). Or, le printemps 2012 étant pourri et ayant engendré coulure et milerandage, le potentiel était limité. « Mais l’été 2013 nous a sauvés ». Du coup, le potentiel s’est ex­primé pleinement : les grap­pes sont grosses, allongées et portent beaucoup de grains ! Et comme la floraison 2013 a été très belle, on peut même déjà penser que la récolte 2014 part sur de bonnes bases !
Côté sanitaire, l’état est bon. Stéphane David reconnaît qu’il a eu les moyens de traiter contre le botrytis, dans les temps. Sur les vignes du domaine, la grêle de fin juillet n’a pas fait de dégâts : les quelques cabossages de grains ont vite séché et n’ont pas entraîné de contaminations (1).
En outre, les pluies de la semaine dernière sont arrivées à point nommé, en une seule fois (ce qui réduit le risque botrytis), sur des vignes qui commençaient à avoir soif. C’est tout de suite 5 hl/ha de plus ! À ce jour, Stéphane David table sur un rendement moyen de 50 hl/ha pour ces vendanges 2013. « Mais c’est toujours difficile de prévoir ! Là, j’ai vraiment hâte d’y être ! »

Catherine Perrot

(1) Mais quelques exploitations ont perdu jusqu’à 50 % de leur récolte.

Le domaine David-Duvallet :

L’EARL David-Duvallet compte deux associés, Stéphane David et Sébastien Duvallet, et une salariée. Le domaine exploite 30 ha de vignes, dont 25 en muscadet. Le reste est composé de vins de pays (chardonnay, folle blanche, cabernet, merlot). Le domaine commercialise 70 % de ses vins en bouteilles, chez les clients particuliers, cavistes et à l’export, avec Stéphane à la vigne et à la cave, et Sébastien à la commercialisation. Associés depuis 2011 (Sébastien Duvallet n’est pas du milieu viticole, mais tout aussi passionné que son collègue), tous deux se définissent comme des « artisans-vignerons ». Ils entendent développer une viticulture à la fois familiale et moderne, et portent de nombreux projets pour l’avenir, malgré la conjoncture encore difficile.

Suivis de maturation :

Guillaume Druart et Nadège Brochard, conseillers viticoles à la chambre d’agriculture, réalisent les contrôles de maturité pour le compte de la filière. Le  prélèvement du lundi 16 septembre montre des niveaux de titre alcoométrique potentiel (TAP) entre 9 et 10 % vol et des acidités totales hétérogènes suivants les parcelles. Les acidités semblent moins marquées qu'en 2012, excepté l'acide malique. L'état sanitaire du vignoble reste bon. Le prélèvement du jeudi 19/09 (non réalisé au moment de l’impression de ce journal, NDLR) permettra de mieux cerner la dynamique d'évolution des sucres et acides.

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