Essais : De nouvelles méthodes contre les maladies du bois

Stéphane Seegers

Les chercheurs de l'université de Poitiers étudient une alternative à l'arsénite de soude interdit depuis 2003. Ils combinent un fongicide systémique et un SDP.

Face aux augmentations de cas d'esca entres autres, l'Université de Poitiers étudie un moyen de lutte contre les maladies du bois. Rappelons que, depuis 2003 et l'interdiction de l'emploi d'arsénite de soude, la prophylaxie est le seul procédé permettant de limiter l'extension de ces maladies. Le laboratoire “ Synthèse et réactivité des substances naturelles ” étudie l'action conjuguée d'un fongicide systémique et d'un SDP (stimulateur des défenses de la plante) de la famille des salicylés. Pour un traitement efficace, un fongicide systémique, dont les molécules se déplacent dans la plante, est nécessaire étant donnée la localisation dans la plante des champignons responsables des maladies du bois. Les chercheurs de l'Université de Poitiers étudient dans un premier temps la mobilité des molécules fongicides dans la plante puis ils s'attèlent à évaluer l'impact de ce traitement sur chaque champignon responsable séparément.
Au cours de la première année d'un programme financé par InterLoire et FranceAgriMer, les chercheurs ont mis en évidence certains critères indispensables à une bonne mobilité de ces molécules. Les analogues halogénés de l'acide salicylique ont montré une très bonne mobilité dans la plante et peuvent donc être utilisés en pulvérisation foliaire.

La lutte contre l'esca va peut-être s'enrichir d'un traitement fongicide dans les années à venir. (JC Gutner)

La lutte contre l'esca va peut-être s'enrichir d'un traitement fongicide dans les années à venir. (JC Gutner)

Essais sur sauvignon

Par ailleurs, les chercheurs ont mis en place des essais sur boutures de sauvignon cultivées en serre ou en conteneurs en extérieur. Le sauvignon a été choisi car c'est un cépage très sensible à l'esca. Les contaminations ont été faites de façon séparées avec quatre champignons : Eutypa lata, Neofusicoccum parvum, Phaeomoniella chlamidospora, Phaeoacremonium aleophilum. Des infections avec chlamidospora et aleophilum ont également été mises en place. Les plantes ont ensuite reçu plusieurs traitements associant le fongicide systémique et le dérivé salicylé. Les résultats seront évalués au cours de cette année 2010 par sacrifice des plantes, observation des nécroses et identification des champignons par repiquage le cas échéant. Encore un peu de patience et les chercheurs tiendront peut-être une piste.

Source Réussir Vigne Mars 2010

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