Europe : Bientôt des seuils légaux de résidus de phytos sur vin

Marion Ivaldi

Une étude du lobby européen contre les phytosanitaires relance le débat sur l'éventuelle nécessité de limite maximale de résidus pour le vin. Une législation est en préparation.

“ Il est irresponsable de sortir des communiqués de presse de cette nature. Les teneurs de
résidus des analyses réalisées par le réseau européen d'action contre les pesticides sont
toutes inférieures aux limites maximales de résidus (LMR) légales fixées pour le raisin ”,
indique Eva Corral du Copa-Cogeca réagissant à une étude de PAN-Europe réalisées sur
40 bouteilles et montrant que les 36 issues de la viticulture conventionnelle contenaient des
résidus de phytosanitaires. Les LMR sur raisin fixées par la législation prennent en compte
le transfert de résidus dans le vin. “ Et les transferts de molécules phytosanitaires dans le
vin s'effectuent selon leur solubilité dans l'alcool ”, indique Jean-Luc Berger de l'Institut
technique de la vigne et du vin (IFVV). Certaines molécules sont transférables (de 30 % à
100 %), d'autres pas.

L'étude réalisée par le lobby européen contre les phytosanitaires est “ irresponsable ”, selon les producteurs européens. (P. Cronenberger)

L'étude réalisée par le lobby européen contre les phytosanitaires est “ irresponsable ”, selon les producteurs européens. (P. Cronenberger)

Un règlement européen en préparation

L'étude de PAN-Europe a relancé le débat autour de la fixation de LMR sur vin. “ Nous
souhaitons qu'il y ait une règle du jeu claire qui n'encourage pas à l'utilisation des
phytosanitaires ”, indique le Cniv. Aujourd'hui, “ des LMR vin existent déjà dans le cadre de
l'homologation européenne des nouvelles molécules phytosanitaires ”, indique Viniflhor.
L'Europe va, par ailleurs, fixer des LMR vin et ne plus les cantonner aux homologations.
Reste également à ce que des limites internationales soient fixées. L'Organisation
internationale de la vigne et du vin (OIV) est en train de compiler les différentes
réglementations des États membres en matière de limites de résidus dans le vin. “ L'Italie et
la Suisse ont ainsi fixé des LMR vin. Le Japon y travaille ”, ajoute Jean-Claude Ruf. Cette
première étape pourrait préfigurer une fixation de seuils OIV. “ Les travaux de détermination
de seuils sont en suspens. Ceci pourrait changer face à l'actualité très riche en ce moment.

Source Réussir Vigne Mai 2008

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