Evolution des pratiques : Le challenge de la réduction des intrants phytosanitaires

Claudine Galbrun

Comment passer d'un système de production consommateur d'intrants phytos à un système beaucoup plus économe, comme l'intime le Grenelle de l'environnement ? Pas si simple.

“ L'objectif d'Ecophyto est bien de doter les agriculteurs de méthodes et d'outils permettant de faire évoluer les pratiques. Mais à court et moyen terme, la seule solution est de diminuer les quantités de phytosanitaires appliquées et de les adapter au développement végétatif, tout en focalisant l'attention sur la prévision des risques et sur le matériel de pulvérisation. Rien qu'avec ça, dans nos essais, on arrive à diminuer les volumes de phytosanitaires de 50 % ”, estime Thierry Coulon, de l'IFV de Bordeaux. Car pour l'instant, il n'y a guère de techniques alternatives aux phytosanitaires. De grands espoirs se fondent sur les éliciteurs et les stimulateurs des défenses de la plante. “ Mais si ces produits marchent en laboratoire, il reste encore à les confronter à la réalité du terrain. Il faut que la recherche fondamentale mais aussi appliquée s'empare vraiment de ce dossier afin que les vignerons puissent disposer d'indicateurs leur permettant de les appliquer au bon moment. Car aujourd'hui, il n'y a aucun résultat garanti. ”Il y a aussi la voie de la sélection de matériel résistant mais qui va demander du temps.

Et pourtant il y a urgence. Si d'ici fin 2008, ainsi que l'a décidé la France, 30 molécules parmi les plus toxiques vont être retirées du marché, d'autres molécules devraient également connaître le même sort suite à un renforcement des critères d'évaluation des phytosanitaires voulu par Bruxelles avec la refonte de la directive 91/414. “ Pour la vigne, cela va se traduire par des impasses techniques. Si des configurations millésime telles 2007 ou 2008 se reproduisent, il est clair que nous connaîtrons des difficultés. ”

Le réglage des buses est l'un des moyens pour éviter les pertes de phytosanitaires et pulvériser le plus efficacement possible. (M. Ivaldi))

Le réglage des buses est l'un des moyens pour éviter les pertes de phytosanitaires et pulvériser le plus efficacement possible. (M. Ivaldi))

 

“ L'accompagnement technique du vigneron va devenir très important ”

Thierry Coulon veut toutefois rester optimiste. “ On peut effectivement arriver à une réduction significative des volumes de phytosanitaires en bannissant les traitement inutiles, en observant et en utilisant du meilleur matériel mais cela va nécessiter un meilleur encadrement technique des professionnels, un investissement sur la formation des hommes. Ce qui suppose aussi que tout le monde s'y mette. L'accompagnement technique du vigneron va devenir très important. Sachant aussi que les risques de nature juridique
pour les conseillers vont augmenter, à un moment, en plus, où l'Etat supprime les avertissements agricoles ! Ecophyto veut également mettre en place 3000 fermes de référence d'ici 2 010. Un état des lieux a été fait montrant qu'il en existe aujourd'hui 300, toutes cultures confondues. Il y a donc encore du chemin à parcourir. ”

Source Réussir Vigne Novembre 2008

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