Exportation: L’expédition de petits volumes est trop coûteuse

Marion Ivaldi - Réussir Vigne Janvier 2013

Exportation: L’expédition de petits volumes est trop coûteuse
Selon Michel Issaly, président de VIF, “ les règles actuelles constituent une entrave à la libre circulation des marchandises ”. © M. Ivaldi

Les obligations administratives liées à l’exportation de vin au sein de l’Union européenne sont tellement complexes pour les petites entreprises que bon nombre d’entre-elles y renoncent laissant ainsi un marché inexploité.

Environ 350 millions d’euros : c’est le manque à gagner pour les caves particulières que la réglementation européenne en matière de circulation de vin engendrerait, estiment les Vignerons indépendants de France (VIF). Et de fait, les obligations du vigneron qui souhaitent pratiquer la vente directe en Europe sont contraignantes… et coûteuses. “ J’ai envoyé douze bouteille au Portugal, pour un montant de 96 euros. Il a fallu que mon client rajoute 172 euros de frais d’expédition, soit plus de 10 euros par bouteille ”, explique amèrement Michel Issaly, président des vignerons indépendants. Ces frais sont tels que nombre de caves particulières renoncent purement et simplement à exporter alors qu’elles ont un fichier clients européens souvent bien alimenté par l’œnotourisme. “ Il y a un paradoxe à vouloir une PAC qui privilégie le développement rural et l’œnotourisme et avoir une politique fiscale européenne qui détourne le consommateur de la vente directe ”, déplore Michel Issaly qui dénonce également une réglementation qui limite l’export particulièrement chez les petites structures.

Simplification demandée

“ Nous demandons une simplification administrative ”, indique pour sa part Thomas Montagne, président de la CEVI (représentation européenne des vignerons indépendants) et vice-président des VIF. Ce dernier a rencontré les autorités administratives compétentes à Bruxelles et assure avoir reçu un accueil positif des fonctionnaires européens. “ Il faut que nous nous rapprochions d’autres producteurs européens à production artisanale, comme des petits brasseurs suédois qui ont la même problématique que nous ”, poursuit-il. L’accueil a également était bienveillant de la part des autorités françaises. Explication : en développant le commerce de petits volumes, les prélèvements des droits d’accises seront augmentés de facto. De quoi séduire des États à la recherche de nouvelles ressources financières. 

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