Filière : Les Britanniques réclament une communication France

Marion Ivaldi

Des opérateurs britanniques ont écrit au ministre de l'Agriculture pour réclamer le maintien d'une communication globale autour du mot France. Interprofessions et exportateurs français souhaitent d'abord éclaircir la situation.

Elle n'a pas fait grand bruit en France. Il est vrai que l'été est une période favorable pour passer sous silence certains messages. Surtout s'ils sont gênants. Le 5 juin, quelques jours avant Vinexpo, importateurs et distributeurs britanniques (dont Tesco, Morrisons, PLB et Bibendum), inquiets des baisses enregistrées par les vins français en Grande-Bretagne, se sont fendus d'une lettre adressée à Michel Barnier, alors ministre de l'Agriculture. Son nom : “ Plan B pour la France ”. Son objet est de tirer la sonnette d'alarme quant à la contre-performance des vins français de ces derniers mois sur le marché britannique et de proposer une nouvelle stratégie de promotion des vins.

Au Royaume-Uni, sur février-mars 2009, les ventes françaises sont en recul de 19 % en volume. Dans le même temps, le marché est en retrait de 2 %, selon des opérateurs britanniques. (C. Bioteau)

Au Royaume-Uni, sur février-mars 2009, les ventes françaises sont en recul de 19 % en volume. Dans le même temps, le marché est en retrait de 2 %, selon des opérateurs britanniques. (C. Bioteau)

Dépasser les guerres de clocher

Le plan B dit l'urgence et la nécessité d'une communication sur l'origine France de manière globale. Il s'inquiète “ de la suppression de fonds pour promouvoir les vins français dans leur ensemble. Déjà, des actions de promotions ont été supprimées, ce qui va réduire dramatiquement les ventes ”, déplore la lettre. Si pour les importateurs et les distributeurs, une promotion régionale n'est pas à proscrire totalement, ils expliquent pourquoi elle est souvent inefficace car sa mise en oeuvre est impraticable. “ Il y a souvent trop peu de références d'une même région française pour justifier l'organisation d'une promotion sur un linéaire. Et souvent, l'utilisation des fonds de promotion est associée à de nombreuses contraintes en rapport au nombre de vins concernés, ce qui remet en question la viabilité de la promotion. ” La lettre explique qu'en revanche l'alternative proposée par le Nouveau Monde est souvent simple et rentable, la tentation est donc forte pour les opérateurs britanniques de se tourner vers ces pays. “ Les régions françaises doivent comprendre que leur force vient du fait qu'elle font partie de la France ”, insiste la lettre qui demande la restauration immédiate des fonds. Les opérateurs demandent également que des financements publics, à hauteur de ceux de pays comme l'Espagne, le Chili ou l'Afrique du Sud, soient mis en oeuvre.

La lettre se termine sur une demande : celle d'un rendez-vous au sommet entre le ministère, les interprofessions et ses rédacteurs pour discuter de cette situation.“ Ce n'est pas aux importateurs et à la distribution britannique de dire ce que la France doit faire en matière de promotion ”, rétorque Renaud Gaillard de la Fédération des Exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). Ce dernier ne manque pas de s'interroger sur la sincérité de cette action : “ dans quelle mesure, n'est-elle pas guidée par certains ? ”, questionne-t-il. “ Quand vous êtes arrosés financièrement, vous voulez que cela continue ”, analyse, pour sa part, le Comité national des interprofessions des vins à appellation d'origine.
Par ailleurs, selon France Agri Mer, des crédits vont être alloués au financement de la communication France sur les pays exports cette année. Le Royaume-Uni en bénéficiera. Ce n'est pas tout. Deux études sont programmées d'ici la fin de l'année pour évaluer l'impact d'une communication autour de la bannière France, sur le marché britannique mais également sur les autres pays qui bénéficient d'une telle promotion. Il s'agit notamment d'évaluer l'impact de la bannière France sur les achats selon les pays. Ces études devraient permettre également d'y voir clair “ quant à l'opportunité de mettre en place une telle communication sur des nouveaux pays d'expédition, comme l'Inde ou la Chine, plutôt que de la poursuivre sur les marchés matures pour les vins français ”.

Source Réussir Vigne Septembre 2009

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