France : Les caves coopératives réclament une régulation des prix du vin

SC

A l'instar de ce qui a été décidé dans le secteur du lait, les caves coopératives vinicoles françaises (CCVF) réclament la mise en place d' indicateurs de prix à la production, notamment pour les vins de table, afin de lutter contre la baisse des cours.

La conjoncture est rude pour les vins français. Denis Verdier, président des caves coopératives vinicoles (CCVF) l'a confirmé : en dépit d'une récolte 2008 la plus faible depuis près de 20 ans et de stocks raisonnables en début de campagne, le marché du vin est déprimé dans l'ensemble des régions viticoles, avec un retard des achats et des prix orientés à la baisse. Certains vignerons cumuleraient une récolte en baisse de 30% et une chute des prix de leurs vins de 30% !

Un minimum de 45 euros/hl pour un vin de table d'entrée de gamme

Pour éviter cette érosion, notamment pour les vins sans indication géographique (vins de table), Denis Verdier préconise la mise en oeuvre «d'indicateurs de tendance de prix». C'est à dire la fixation de prix moyens sur l'année, négociés entre la production et les metteurs en marché, à l'image de ce qui s'est fait sur le lait.

«45 euros/hl pour un vin de table d'entrée de gamme» cite à titre d'exemple Denis Verdier. Son souhait : améliorer la transparence dans la fixation des prix mais aussi dans les accords contractuels au sein de la filière, y compris en grande distribution.

Le président espère qu'en mettant des garde-fous sur les prix des vins de base, toutes les autres catégories en profiteront. « Nous devons sortir de la spirale infernale du moins-disant. (…) La France n'a pas la capacité à produire aux prix espagnols, c'est économiquement impossible !»


Un tiers des coopératives en difficulté

Au-delà de la conjoncture, les coopératives vinicoles constatent depuis plusieurs années les difficultés de la France à profiter de l'expansion du marché mondial du vin. « Cette situation exige une analyse fine des causes du phénomène et du positionnement de nos principaux concurrents et la CCVF demande une expertise sur ce point, dans le cadre de FranceAgriMer » ajoute Denis Verdier.

Par ailleurs, le président des vignerons coopérateurs encourage les petites coopératives à se restructurer pour qu'elles disposent des moyens financiers nécessaires à l'exportation. Selon lui, au moins une coopérative vinicole sur trois est en difficulté. « Il faut au moins qu'un tiers des coopératives acceptent de se regrouper ou fassent des alliances » estime Denis Verdier qui conseille même aux petites coopératives en difficulté de ne pas rouvrir pour les prochaines vendanges.

Le nombre de coopératives en France est passé de 1.050 en 1989 à 750 en 2007. Elles représentent plus de 40% des surfaces et des quantités vinifiées en France.

Publié par SC

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