Indication géographique protégée : un sigle à défendre

Guillaume de Werbier

Aurélia Souchal, directrice de la Confédération française des vins de pays était l’invitée du Syndicat des vins de Pays du Val de Loire, présidé par Joël Hérissé.
Aurélia Souchal, directrice de la Confédération française des vins de pays était l’invitée du Syndicat des vins de Pays du Val de Loire, présidé par Joël Hérissé.

Baisse des volumes régulière, sans parler des faibles rendements de cette année… Le Syndicat des vins de pays du Val de Loire veut remobiliser les viticulteurs pour qu’ils produisent de l’IGP.

«En 2007, nous étions Vins de pays du Val de Loire. Depuis la réforme de 2009 et la création des vins sans IG mentionnant un cépage ou un millésime, le potentiel des vins de pays a fortement baissé en Val de Loire », note Joël Hérissé, président du syndicat des vins de pays du Val de Loire. « Il est pratiquement divisé par deux. Cette diminution est imputable à plusieurs paramètres. »
Face à ce constat, et pour éviter que ce potentiel s’effrite davantage, une étude a été commandée par InterIGP (nom de l’association qui fédère les quatre interprofessions d’IGP) pour faire le point sur l’image et la perception du concept d’IGP. « On veut remobiliser les producteurs sur le sigles IGP », soulignait Joël Hérissé, mardi dernier lors de l’assemblée générale de son syndicat. Les résultats obtenus devraient orienter une stratégie de développement pour l’IGP Val de Loire.
C’est le Comité interprofessionnel des vins IGP du Val de Loire qui prend en charge ce volet promotion. « Ce comité existe bien, malheureusement il n’est pas reconnu », regrette Philippe Orion, vice-président du syndicat des vins de pays du Val de Loire. « On essaye depuis quelques années de le faire reconnaître en tant qu’interprofession, et de voir avec Interloire si cette reconnaissance est possible. » Mais le syndicat des vins de pays et Interloire ne se sont pas entendus sur le montant de la CVO. « On pense que la reconnaissance du Comité interprofessionnel des vins IGP du Val de Loire est sur la bonne voie. Mais tant qu’il n’y a pas de décret signé… ». « Les dernières nouvelles que nous avons de ce dossier sont assez bonnes », confie tout de même Aurélia Souchal, directrice de la Confédération française des vins de pays (CFVDP), qui soutient cette demande de reconnaissance.

Visibilité

En attendant, ce comité poursuit ses actions de communication pour valoriser l’IGP sur des salons et concours locaux, nationaux ou européens (par exemple le concours IGP national, le 4e concours mondial du sauvignon à Blois en avril prochain…). « C’est important d’y présenter nos vins. Dès qu’ils sont médaillés, ça aide à accroître leur notoriété. Aujourd’hui le con-sommateur est à la recherche d’authenticité, d’identification, de terroir, d’histoire. Il ne faut pas le décevoir. Nous n’avons pas le droit de brader l’image du Val de Loire », affirme Joël Hérissé.
La Confédération française des vins de pays aussi se charge de la défense des producteurs d’IGP. Elle se penche actuellement sur plusieurs dossiers brûlants. À commencer par celui de la fiscalité. « On a été très mobilisé dernièrement sur le projet de financement de la sécurité sociale. Une augmentation im-portante des taxes sur la bière a été proposée (le texte n’est pas été voté). On a craint très fortement de voir arriver en parallèle une nouvelle fiscalité sur le vin, à savoir une fiscalité justifiée par un souci de santé publique ! Notre réaction a été assez vive. Normalement, l’idée devrait être abandonnée. »
L’enrichissement des vins est un autre sujet que la CFVDP surveille de près. L’enrichissement par moûts concentrés et moûts concentrés rectifiés (MC / MCR) n’est plus aidé. Pour les producteurs qui souhaitent conserver cette pratique et qui auront un surcoût, la confédération tente de trouver, des palliatifs, avec FranceAgrimer, pour que l’enrichissement par MC / MCR puisse se faire, mais à moindre coût.
Des actions sont aussi menées par la CFVDP à l’échelle communautaire. « On a défendu le signe de qualité IGP », rappelle Aurélia Souchal. « Par exemple, il a été envisagé par la Commission européenne de donner le signe de qualité IGP à des vins industriels avec des arômes artificiels ! Ça nous a beaucoup alarmés. »
La suppression éventuelle des droits de plantation préoccupe tout autant les viticulteurs. La mobilisation sur cette question est très forte. Quinze États membres défendent le maintien des droits de plantation. La balle est maintenant dans le camp de la Commission européenne. « Elle doit faire une proposition législative », explique Aurélia Souchal. D’ici là, « il faut maintenir la pression car les dernières nouvelles ne sont pas très bonnes », prévient la directrice de la CFVDP. Une manifestation est prévue le 11 décembre devant la Commission européenne, « pour que ça bouge au profit des viticulteurs, avec des décisions satisfaisantes. »

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