L’habilitation des opérateurs de vins à IGP laisse à désirer

Marion Ivaldi - Réussir Vigne Mars 2013

L’habilitation des opérateurs de vins à IGP laisse à désirer
Depuis la réforme des indications géographiques, les vinificateurs doivent réaliser une déclaration de revendication pour pouvoir commercialiser leur récolte. C’est aussi le cas des metteurs en marché qui doivent être identifiés par les ODG. © P. Cronenberger

Des ODG (organismes de défense et de gestion) et la Confédération française des vins de pays attirent l’attention des pouvoirs publics sur des metteurs en marché qui ne se déclarent pas en tant qu’opérateurs de vins à IGP. Le code rural les y oblige pourtant.

Les langues commencent à se délier sur un sujet délicat : celui de l’habilitation des opérateurs. Les metteurs en marchés seraient très mal identifiés par certaines ODG. Pour rappel : depuis la réforme des indications géographiques, les vinificateurs doivent réaliser une déclaration de revendication pour pouvoir commercialiser leur récolte. C’est aussi le cas des metteurs en marché qui doivent être identifiés par les ODG. Cette identification est au cœur de la réforme des indications d’origine qui visait à organiser un contrôle du produit au plus près du consommateur. Or, sans identification des opérateurs, les organismes de contrôles ne peuvent a fortiori les contrôler.
Dans les faits : les produits sont donc bien contrôlés chez le vinificateur, on ne peut pas en dire autant des produits des metteurs en marchés. Différentes ODG, notamment d’IGP (mais le problème serait également vécu par des ODG d’AOP), ainsi que la Confédération des vins de pays, tirent la sonnette d’alarme, demandant à ce que le code rural s’applique. Le ministère de l’agriculture serait en train de se pencher sur la question et d’examiner les sanctions qui pourraient être prises en vue de les introduire dans la future loi d’avenir agricole.

Mieux coordonner interprofessions et ODG

La situation met également en exergue la difficulté qu’ont à travailler ensemble les ODG et les interprofessions. En effet, les vins vendus en vrac sont commercialisés par des contrats d’achat validés par les interprofessions. Ces dernières donnent donc leur bénédiction à une transaction de produits non-identifiés par les ODG, donc non contrôlés. “ Il convient de mettre en cohérence le travail des interprofessions, des ODG afin que le code rural s’applique ”, estime Bernard Augé, directeur de la section IGP de l’interprofession languedocienne. Le sujet est d’autant plus brûlant qu’à cela s’ajoute une polémique sur les délais de contrôles. Nombre d’opérateurs connaissent des déboires commerciaux provoqués par des délais de contrôles inadaptés. “ Des opérateurs ont des lots bloqués pendant une semaine à cause des contrôles. Du coup, ils ont du mal à respecter les exigences en terme de livraison de leur client ”, déplore Bernard Augé. La mécanique du contrôle a besoin d’être mieux huilée ! 

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