La coopération viticole compte sur la hausse des prix

Bruno Carlhian - Réussir Vigne Décembre 2012

La coopération viticole compte sur la hausse des prix
Pour le président des Vignerons coopérateurs de France, “ La baisse des volumes devrait conduire à une hausse des prix globale d’environ 10 %. ” © P. Cronenberger

La hausse des prix ne suffira pas à compenser la très faible récolte. Notamment dans des vignobles déjà en difficulté comme le muscadet ou le beaujolais.

La confédération des coopératives vinicoles de France (CCVF) compte sur le raffermissement des prix pour compenser en partie la très faible récolte de 2012, estimée à 40,6 Mhl par Agreste. Boris Calmette, président de la CCVF, a encouragé les producteurs à œuvrer en faveur d’une hausse des prix. Il a notamment salué les orientations fixées par le syndicat des vignerons de Côtes du Rhône (115 € en prix pivot, 105 € en prix plancher) ou celles annoncées en Languedoc-Roussillon (plancher à 75 € pour les IGP notamment). Il s’est également félicité de la fermeté des cours en bordelais, avec des prix flirtant avec les 1 000 € le tonneau (de 900 litres). “ À ce prix, on peut commencer à s’octroyer un salaire et à avoir les moyens d’investir ”, a-t-il déclaré. À propos de cette région, Boris Calmette a prédit que les volumes commercialisés en “ vins sans indication géographique seraient confidentiels ”, lors de la campagne en cours : 100 000 hl, contre 600 000 hl lors de la précédente.

Inquiétudes pour des vignobles déja affaiblis par des années de mévente

Si un certain optimisme est de rigueur en Provence, en Corse ou en Alsace, où les récoltes seront comparables à celles de 2011, les coopératives viticoles s’inquiètent de l’avenir de certains vignobles particulièrement touchés par les intempéries et dont certains étaient déjà affaiblis par plusieurs années de mévente. C’est le cas du muscadet, dont la situation a été qualifiée par Boris Calmette de “ dramatique ”, avec des rendements inférieurs à 30 hl/hectare. La qualité jugée “ exceptionnelle ” du millésime ne devrait pas suffire à sortir la région de l’ornière. C’est également le cas en beaujolais, où, selon la CCVF, près de 400 vignerons sont en état de “ cessation de paiement ”, sur moins de 3 000 exploitations. Une situation que la “ demi-récolte ” 2012 ne va pas arranger. La CCVF se rendra sur place en décembre pour réfléchir à l’organisation de la production dans cette région où 30 % environ de la production est en coopérative dans une douzaine de caves.  

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier