La filière viticole affine sa stratégie à l’égard de la PAC

Bruno Carlhian

Jérôme Despey, président du conseil viticole de FranceAgriMer. (J.-C. Gutner)
Jérôme Despey : “ La vigne joue incontestablement un rôle dans l’aménagement du territoire ”. (J.-C. Gutner)

Le secteur viticole tient à un traitement particulier au sein de la PAC. Mais veut pouvoir prétendre aux aides du “ second pilier ”, celles du développement rural.

Jérôme Despey a annoncé début septembre qu’il réunirait désormais, lors de chaque conseil viticole de FranceAgriMer, un groupe de travail sur la place de la viticulture au sein de la politique agricole commune (PAC). “ L’organisation commune de marché (OCM) vitivinicole sera prolongée au moins jusqu’en 2015. Nous devons établir les mesures que nous choisissons de financer en priorité ”, a-t-il précisé. “ Mais nous voulons aussi être proactifs sur ce qui va se passer après 2015, et sur la manière dont la viticulture va s’insérer au sein de la politique agricole commune réformée. La viticulture est en effet concernée à plusieurs niveaux par la réforme de la PAC : au niveau du budget, de la conditionnalité des aides, de la reconnaissance en zones défavorisées ou de la gestion de l’eau ”, a analysé le président du conseil viticole de l’office agricole unique.Le secteur viticole pourrait ainsi légitimement prétendre à un certain nombre d’aides issues du second pilier, celui du développement rural. “ La vigne joue incontestablement un rôle dans l’aménagement du territoire ”, estime Jérôme Despey. C’est la raison pour laquelle ce dernier voudrait faire reconnaître par Bruxelles les mesures OCM comme un premier pilier d’aides, donnant accès aux aides du second. Pas question pour autant de remettre en cause le choix d’un traitement distinct au sein de la PAC. “ Nous ne sommes pas candidats au droit à paiement unique (DPU) ”, a-t-il martelé. “ Le risque d’une subvention à l’hectare, c’est qu’elle soit réintégrée par les opérateurs de l’aval dans le prix de vente et n’entraîne une baisse des prix ”, a-t-il argumenté. “ Le secteur viticole souhaite en revanche bien pérenniser les mesures d’adaptation du vignoble, comme la replantation, la promotion sur les pays-tiers ou l’aide à l’investissement. Elles ont un sens économique. ”

La viticulture en concurrence

Entre-temps, les vignerons européens devront avoir fait réinscrire les droits de plantation au sein de la réglementation communautaire. Jérôme Despeys s’est montré optimiste sur l’obtention rapide d’une majorité qualifiée d’Etats et de voix en faveur des droits de plantation. Deux pays et 70 voix seulement manquaient à l’appel, début septembre. “ Mais nous devons surtout veiller à ce que l’on trouve un sujet en lien avec la PAC pour qu’il soit traité au conseil des ministres le plus rapidement possible ”, a-t-il précisé. “ Or, plus on va s’approcher de 2013, plus les revendications des différents secteurs vont se bousculer. ” Comment seront gérés ces droits de plantation s’ils sont réintroduits dans la loi ? Jérôme Despey a indiqué ne pas avoir arrêté de choix entre interprofession, bassins de production ou FranceAgriMer. “ Nous ouvrirons largement le débat avec la profession le cas échéant ”, a-t-il conclu. Bruno Carlhian

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