Le Beaujolais nouveau s’essouffle en GMS

Le Beaujolais nouveau s’essouffle en GMS
Cette année, pour redorer son blason, le Beaujolais nouveau joue sur les codes de la Haute-Couture.

Le Beaujolais nouveau est arrivé ! Pourtant, il se fait discret dans les rayons de la grande distribution, bien loin de sa splendeur passée. Certaines enseignes redonnent pourtant un peu de visibilité à cette appellation, longtemps plombée par son vin primeur.

En une douzaine d'années, les ventes de Beaujolais nouveau en grandes surfaces ont chuté de plus de moitié. En 2010, les enseignes en ont vendu 5,5 millions de litres contre 11,2 millions de litres en 1997, selon les chiffres du cabinet d'études SymphonyIri. Le chiffre d'affaires suit la même tendance baissière. Sur les trois dernières saisons, de 2008, 2009 et 2010, les ventes sont passées de 29,7 millions d'euros, à 28,6 millions pour atterrir à près de 28 millions d'euros.

"Le phénomène du Beaujolais nouveau s'essouffle et désormais il faut que l'on vende tout en trois jours", reconnaît Etienne Delannoy, acheteur vins et champagne pour Leader Price.

La filiale du groupe Casino a cependant confié à Jean-Pierre Coffe pour la deuxième année consécutive le lancement d'un Beaujolais nouveau sous marque de distributeur (MDD). "C'est le retour du vrai Beaujolais", assure le chantre de la défense des terroirs. Comme l'année dernière, la cuvée est assurée par Dominique Piron, un producteur reconnu de la région. Pour l'animateur-gastronome, il était exclu de passer par des négociants: "depuis 20 ans je dénonce la qualité du Beaujolais nouveau, la déviation de son origine première qui était celle d'un vin de comptoir, de fête, d'immédiateté".

 La bouteille qui sera proposée à 3,95 euros "n'est pas un vin dans lequel on a ajouté de la framboise, de la banane, du cassis ou des arômes artificiels", promet Jean-Pierre Coffe.

 Le consommateur en quête de haut de gamme

Intermarché se mettra aussi au Beaujolais nouveau pendant trois jours, voire une semaine. "L'objectif d'une enseigne, c'est de faire du chiffre d'affaires et le Beaujolais nouveau ne tire pas vers le haut", affirme Eric Amisse, adhérent en charge des vins et champagnes.

Outre les bouteilles sérigraphiées et autres outils marketing, l'enseigne propose depuis l'an dernier du Beaujolais nouveau, version rosé, "pour capter une nouvelle clientèle", explique Catherine Fedrigo, responsable des vins.

"En grande distribution, le Beaujolais nouveau ne va plus progresser", affirme Frédéric Guyard, responsable de la rubrique vins du magazine spécialisé Rayon Boissons et qui a récemment consacré un dossier sur le sujet. "Dans la spirale de baisse que le Beaujolais a entamée depuis une vingtaine d'années, les opérateurs, auparavant particulièrement dynamiques, le sont de moins en moins", explique-t-il.

 Seules deux marques font exception -Pisse-Dru et Le Père la Grolle- les seules à investir de façon significative dans des campagnes de promotion. Propriétés respectives des groupes Castel et Boisset, qui figurent parmi les principaux négociants français, elles occupent 25% de parts de marché.

Jean Bourjade, délégué général de l'interprofession, regrette le désengagement des enseignes d'autant que le vignoble s'est administré une sévère purge (arrachage de ceps et baisse des volumes) pour relancer l'appellation.Selon lui, "la tendance aujourd'hui est aux cuvées de Beaujolais nouveau plus haut de gamme sur des productions plus restreintes, mieux valorisées".

Source d'après AFP

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Commentaires 2

cricri

venez dans nos caves beaujolaises gouter les derniers millésimes et vous constaterez qu'il n'y a rien de marketing et que l'on peut avoir un réel plaisir à gouter le nouveau.De plus les ventes progresses même en GMS, à suivre...

cdric22

rien de plus normal que cela s'essouffle, le beaujolais nouveau n'etait qu'un coup marketing , sur le produit aucun plaisir

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