Le cépage Berligou prépare son retour dans le vignoble nantais

Claudine Galbrun - Réussir Vigne Juin 2012

Grappes de raisin de cépage Berligou.
“ Nous sommes à la recherche de nouvelles parcelles pour faire de la multiplication car nous manquons de matériel, les vignerons se montrant très intéressés ”, indique Alain Poulard de l’IFV. (DR)

Le syndicat de l’AOC muscadet et l’IFV ont validé un cahier des charges qui devrait permettre de réintroduire le cépage Berligou. Ce cépage qui est en fait un clone de pinot noir, aux origines médiévales, devrait permettre la valorisation d’un produit de niche.

Les militants de la cause du Berligou compte bien profiter de la notoriété historique dont a bénéficié ce cépage pour le remettre au goût du jour et en faire un produit à forte valeur ajoutée. Le Berligou fut en effet remis au Duc de Bretagne, François II par Charles le Téméraire en 1460. Ce cépage acquiert une grande réputation grâce à Henri IV et Louis XIV. Et puis le phylloxera fera son œuvre. Il faudra attendre 1930 pour retrouver quelques résurgences de ce cépage et il ne sera définitivement sauvé qu’en 1993. C’est en 2004 que le Syndicat du muscadet et l’IFV s’interrogent sur la classification ampélographique du Berligou, traditionnellement présenté comme un pinot noir. “ Les analyses génétiques ont montré que si son profil génétique correspondait globalement à celui du pinot N, on observait toutefois une variation qu’on ne retrouve pas chez les autres clones de pinot ”, indique Alain Poulard de l’IFV. Ce qui en fait donc un produit original. Sa demande d’inscription au catalogue a été faite et le dépôt de la marque Berligou a été réalisé auprès de l’INPI. Une association s’est même créée pour en faire la promotion. Une parcelle de prémultiplication de matériel standard a été plantée en 2008. Deux parcelles expérimentales ont également été plantées en vue de la sélection d’un clone, ce qui devrait aboutir en 2015. “ Nous sommes actuellement à la recherche de nouvelles parcelles pour faire de la multiplication car nous manquons de matériel, les vignerons se montrant très intéressés. Ce cépage présente une bonne vigueur, raison pour laquelle il est greffé sur riparia. Il est d’une bonne fertilité en pays nantais et donne des qualités de moûts comprises entre 12 et 13,5 %. Nous menons depuis quelques années des vinifications pour trouver les meilleurs conditions de son expression en vin rouge, vin rosé ou vin de base pour effervescents. Il donne des produits très fins et tout en restant un produit de niche, il devrait offrir des possibilités de diversification intéressantes ”, estime encore Alain Poulard. 

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