Le procès de 60 faucheurs d'OGM s'ouvre à Colmar

SC avec AFP

Le procès de 60 faucheurs d'OGM s'ouvre à Colmar

Le procès de 60 militants anti-OGM, poursuivis pour avoir arraché des plants de vignes transgéniques sur un site expérimental, s'est ouvert mercredi devant le tribunal correctionnel de Colmar.

Des plants transgéniques pour lutter contre le court-noué

Photo Inra : Christophe MAITRE

Des porte-greffes transgéniques ont été plantés de façon à étudier leur sensibilité à l’infection par le virus du court-noué. Tous les plants de vigne ont été greffés avec un cépage non-OGM, le Pinot Meunier. Cette précaution, combinée à la suppression des inflorescences, écarte, selon l'Inra tout risque de dissémination pour cet essai sans vocation commerciale.« Les modalités de cette recherche ont été conçues, préparées et suivies par un comité local issu des mondes viticole, syndical, et associatif, démarche inédite », rappelle l'Institut de recherche qui insiste sur le fait que des conditions strictes avaient été mises en place pour empêcher toute dissémination les porte-greffes ne produisaient pas de fleurs et les inflorescences du greffon étaient éliminées avant floraison).Ce projet était le seul à avoir bénéficié d'un avis favorable du Haut Conseil des biotechnologies qui encadre le recours aux organismes génétiquement modifiés, avant d'être autorisé.

Cette première des trois journées d'audience prévues devait être surtout consacrée à l'audition des 60 prévenus poursuivis pour « destruction de parcelle de culture d'OGM » et « violation de domicile ».

Le 15 août 2010, les faucheurs avaient arraché plusieurs dizaines de pieds de vignes OGM, plantés dans le cadre d'une expérimentation en plein air de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), à Colmar. Il s'agissait pour l'Inra de tester la résistance de porte-greffes de vignes génétiquement modifiés à une maladie, le court-noué.

Un large Comité de soutien

Plus de 200 personnes ont accompagné les faucheurs jusqu'aux portes du tribunal, devant lequel le comité de soutien avait déployé une banderole : « Non aux OGM : ni dans nos champs, ni dans nos assiettes, ni dans nos verres. Pour le bien commun, je résiste ».

« Je ne regrette pas mon geste, pour moi, ce sont les dégâts provoqués par les OGM qui posent problème », a dit à la barre le premier prévenu interrogé, Éric André, prestataire de service dans le domaine de la viticulture.

Un essai sans vocation commerciale

De son côté, dans un communiqué, l'INRA souhaite rappeler que l'essai était légal, sans vocation commerciale et financé par le seul argent public. Qui plus est, il allait révéler que le recours à des porte-greffes OGM ne permettait pas aux vignes de résister à la maladie du court-noué.

Au-delà , l'Inra se dit choqué par l'ambiance délétère autour de ce procès alors « qu'il n'anime aucun projet de recherche OGM en partenariat public-privé ».

« En détruisant l'essai sur les porte-greffes OGM du centre de Colmar, les faucheurs ont agi de façon injustifiable au regard de la liberté de la recherche, de la justice mais aussi de la cause qu'ils servent. Car le seul moyen fiable d'avoir des connaissances impartiales sur les OGM reste la recherche publique. C'est la condition nécessaire pour que le débat sur les OGM avec la société ne s'enlise pas dans les préjugés et la désinformation », conclut l'Institut.

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