Le retard pris au printemps dans les vignes n’est toujours pas rattrapé

UAR (L'Union Agricole et Rurale) 15

La météo perturbée de ce printemps a engendré des retards dans les cultures, y compris dans les vignes cantaliennes où la qualité du vin va dépendre des semaines à venir.

Ils n’ont jamais connu ça. Isabelle Broha, exploitante agricole installée à Vieillevie en chèvres(1) et production viticole et son époux salarié de l’exploitation chargé de la vigne, n’ont toujours pas vendangé. En cause, une année climatique très particulière qui a conduit à un retard d’environ un mois. Impossible de ramasser un raisin qui n’est pas mature et qui ne ferait qu’un vin vert dont le degré d’alcool aurait du mal à monter. Mais trop attendre pourrait être fatal au fruit qui risque de pourrir. Une situation que partagent tous les vignobles de France et qui n’échappe pas à l’AOP “vin d’Entraygues et le Fel”, dans laquelle s’inscrit le côteau de la Vidalie. Le juste équilibre pourrait se situer selon Serge Broha autour du 20 octobre. 

Dégustation du millésime 2012 avec Isabelle et Serge Broha, dans leur point de vente de la ferme de la Vidalie, à Vieillevie. 

Jongler entre maturité et risque de pourriture

“La catastrophe vient du printemps ; la vigne a débourré et est restée au stade de trois ou quatre feuilles pendant un mois ; la floraison n’est apparue qu’autour du 10 juillet, au lieu de la mi-juin”, explique le viticulteur qui établit un parallèle avec la pousse du maïs. Résultat, aucune régularité de grappes et des risques accrus de maladie. D’autant qu’on pratique ici un traitement raisonné de la vigne. “Les semaines qui s’annoncent vont être déterminantes ; il faut qu’on aille loin et le risque de pourriture grandit. Il nous faut un temps sec et ensoleillé”, espère Serge Broha. En croisant les doigts, il se souvient d’un mois de septembre mauvais et d’un mois d’octobre plutôt beau l’an passé. Mais... des épisodes pluvieux sont régulièrement annoncés. “Il faut dire qu’on s’était habitué à de belles années”, admet le vigneron qui a replanté des ceps en 1999 et 2006 (chenin en blanc, cabernet et fer servadou en noir). Les exploitants de Vieillevie s’estiment en outre chanceux d’avoir échappé cette année à la grêle. D’autant que ce 1,6 hectare de vigne n’est pas assuré pour les aléas climatiques. “Notre assurance, c’est l’équivalent d’une demi-année de production en stock”, expliquent Isabelle et Serge Broha. S’il reste prudent quant à la qualité du millésime, le viticulteur est très serein quant à la quantité qui sera produite, malgré quelques grains avortés.

10 000 bouteilles écoulées sur la zone

Si tout va bien, sortiront de la Vidalie de Vieillevie quelque 10 000  bouteilles (2 000 en vin blanc, 3 000 rosés et 5 000 bouteilles de rouge). Cette production est écoulée essentiellement sur place, dans le point de vente à la ferme (réseau Bienvenue à la ferme) sur les marchés locaux et dans les épiceries et chez les cavistes de la zone AOP.

(1) Le lait des 140 chèvres est transformé sur place en 250 000 cabécous par an.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier