Les Bordeaux 2012 enregistrent une baisse des prix générale

Les  Bordeaux 2012 enregistrent une baisse des prix générale

La majorité des prix de sortie des millésimes 2012 des vins de Bordeaux ont été divulgués par les propriétés, et la demande du marché, qui s'était grippé suite aux envolées de prix des précédents millésimes, a en partie été satisfaite avec des baisses partielles sur toutes les gammes.

La baisse est générale mais reste modérée, se situant dans une gamme de 20 à 40% par rapport au millésime 2011, considéré de qualité équivalente mais beaucoup trop cher après les millésimes exceptionnels et spéculatifs de 2009 et 2010 aux prix généreusement gonflés. Cependant, les négociants qui réclamaient un retour aux prix de 2008 n'ont que peu été entendus. "Moins le millésime est grand et plus le prix doit baisser", résume Patrick Bernard, président fondateur de Millésima, qui avec 77.000 clients dans 120 pays est un des leaders de la vente aux particuliers de vins livrables et en primeur, c'est-à-dire deux ans avant leur mise en bouteilles. "On a besoin de prix de mise en marché comme en 2008 où toute la filière, du négoce aux consommateur, a fait des bonnes affaires. Et cette baisse intelligente a permis la hausse, souvent la multiplication par quatre, du millésime 2009", rappelle-t-il. "En s'alignant sur le 2008 il s'agit de reconquérir le marché européen", estime le critique du Point, Jacques Dupont, car souligne-t-il, "les Américains n'achètent que sur les grands millésimes".

Parmi les baisses les plus spectaculaires figurent les 1ers grands crus classés 1855 du Médoc, Mouton-Rothschild, Margaux et Haut-Brion, sortis au prix négociant de 200 euros hors taxes la bouteille, soit une baisse de 33% par rapport au 2011. Mais comparé au 2008, sorti respectivement à 100, 110 et 120 euros, la tendance à long terme est une hausse continuelle des prix des étiquettes les plus renommées. L'autre perle du Médoc, le 1er grand cru classé château Lafite Rothschild, a lui consenti à une baisse de 20%, passant de 350 à 280 euros. Mais, selon le directeur général de domaines Barons de Rothschild, Christophe Salin, en quelques jours "nous avons vendu en une fois tout ce que nous voulions". "Mouton, Margaux, Haut-Brion et Lafite bénéficient de la puissance de leur marque", explique un courtier spécialisé en grands crus. Malgré des prix pour le consommateur encore majorés d'environ 20% par les intermédiaires "ces vins sont des icônes, des valeurs refuge pour l'acheteur qui espère encore faire une plus-value", dit-il.

Hors de ces prestigieuses étiquettes réservées aux fortunes mondiales, "les vins qui s'appuient moins sur la force de leur marque se doivent de suivre la demande d'une baisse importante. Les affaires marchent bien pour ceux qui l'ont compris", souligne le courtier. "La règle est qu'en dehors des millésimes exceptionnels, les bouteilles doivent sortir en primeur moins chères que celles d'autres millésimes disponibles sur le marché", renchérit le négociant Jean-Luc Thunevin qui juge "la baisse des 100 plus grandes marques insuffisantes".

Propriétaire de château Vallandraud, 1er grand cru classé B de Saint-Emilion, il a montré l'exemple en affichant parmi les premiers ses prix : 65 euros pour le 2012 contre 125 pour le 2011 et 75 pour le 2008. Château Climens (Barsac) et Pape-Clément (Pessac-Léognan) font également partie des rares ayant baissé leurs tarifs d'environ 50%. A rebours de cette tendance à la baisse, château Angélus et château Pavie, tous deux promus en septembre au rang des plus grands Bordeaux aux côtés des deux autres 1ers grand cru classé A de Saint-Emilion, Cheval Blanc et Ausone, ont augmenté leurs prix, passant tous deux à 150 euros. "On ne peut pas ignorer le nouveau classement, nous devons marquer le fait d'appartenir à une nouvelle catégorie" et "s'inscrire parmi nos pairs", explique Stéphanie de Boüard, directrice générale adjointe d'Angélus qui juge cette augmentation "acceptable" dans l'objectif de "resserrer progressivement l'écart avec les Premiers grands crus du Médoc".

Source AFP

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