Les copeaux américains arrondissent les rosés

Clara de Nadaillac - Réussir Vigne Février 2012

Les copeaux américains  arrondissent les rosés
Le jury d’experts d’Inter Rhône a trouvé que les copeaux américains marquent beaucoup plus les vins rosés que les français. © Lionel Moulet/ Inter Rhône

Inter Rhône a expérimenté l’ajout de différents copeaux et de l’édulcoration, sur rosé. Pour arrondir un vin fini, le plus intéressant est de procéder à un élevage léger avec des copeaux de bois américain.

L’ajout de copeaux de chêne américain chauffé est l’outil le plus intéressant pour arrondir des rosés finis, même si cela s’accompagne de notes boisées pas toujours souhaitables. Telle est la conclusion d’un test de copeaux sur vins rosés, mené par Inter-Rhône dans le cadre de la veille technologique du syndicat des côtes-du-rhône. “ Le but était d’apporter rondeur, volume et sucrosité, sans toutefois marquer le vin ”, indique Nicolas Richard, en charge de ces essais à Inter Rhône. Pour ce faire, il a comparé quatre modalités avec un témoin : du bois frais pur, du chêne américain pur, et les mélanges de ces deux bois avec du chêne français traditionnel chauffé. Les copeaux ont été ajoutés dans du tavel, du luberon et du côtes-du-rhône générique, lors de l’élevage, à raison de 1 g/l. Au bout d’un mois de contact, les vins ont été mis en bouteille, puis dégustés six et douze mois plus tard. Et le résultat est net : “ Les vins passés sur chêne américain, seul ou mélangé, ressortent plus sucrés et avec plus de volume en bouche, rapporte Nicolas Richard. Mais ils sont aussi plus marqués par des arômes de grillé-fumé, coco-vanille et planche-sciure. ”

Des copeaux  comparables à une édulcoration à 4 g/l

En revanche, les vins passés sur bois français frais et-ou chauffé “ sont assez éloignés de l’objectif recherché, puisqu’ils ont même été trouvés plus asséchants que le témoin, complète le chercheur. Pour éviter cet effet asséchant, il est recommandé d’utiliser ce type de copeaux en fermentation. ”
Parallèlement à cela, Inter Rhône a comparé l’effet de l’édulcoration à la mise, et de l’élevage avec copeaux, sur la sucrosité. Nicolas Richard a refait déguster un vin du premier essai en rajoutant deux modalités d’édulcoration : une à 4 g/l de sucres résiduels à la mise et une autre à 6 g/l. “ Toutes les modalités ont permis de diminuer l’acidité perçue par les dégustateurs, et donc d’augmenter la sucrosité par rapport au vin témoin ”, explique Nicolas Richard. Au niveau des copeaux, le chêne américain est encore une fois le plus sucrant. Son effet est comparable à une édulcoration à 4 g/l. Il reste néanmoins inférieur à un ajout de 6 g/l. Cependant, le chêne américain a apporté du volume en bouche, là où l’édulcoration n’a fait qu’augmenter la sucrosité.
 

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