Les professionnels attendent un millésime d'excellente qualité

Conseil National CERFRANCE POSTEC

Les professionnels attendent un millésime d'excellente qualité

Avec une récolte 2015 plutôt favorable en quantité et en qualité, la France tire son épingle du jeu. Second pays producteur derrière l’Italie, elle bénéficie de la vigueur des échanges mondiaux et des tendances de consommation qui s’orientent encore vers les gammes supérieures

Les vendanges 2015 en France sont plutôt prometteuses 

Avec 47,7 millions hl, la  récolte de vin de 2015 est proche de celle de 2014 et reste supérieure à celle des cinq dernières années.

Si les conditions climatiques pluvieuses de septembre ont généré quelques problèmes dans certaines zones de production, les températures estivales et le climat de cet automne ont été plutôt favorables. Les professionnels attendent d’une manière générale un millésime d’excellente qualité. Les Italiens atteignent une production d’un niveau supérieur à celle de 2014 et proche de 50 Mhl, ravissant à la France sa place de 1er pays producteur. 

Le 3e domaine viticole mondial 

En Espagne, la production marque le pas et devrait avoisiner 43 millions d’hl. Rappelons que l’Espagne possède le plus grand vignoble au monde avec 1,021 million d’ha suivi de la Chine avec 800 000 ha. Le vignoble chinois, qui représentait moins de 4 % des surfaces mondiales en 2000, en représente aujourd’hui près de 11 %. Son poids reste relatif côté production, au 8e rang avec 11M/hl. La France occupe désormais la 3e place en surface, avec 792 000 ha et l’Italie la 4e place avec 690 000 ha.

 

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Il faudra aussi compter dans les prochaines années avec le développement de la production de pays plus à l’est : notamment la Slovénie, la Bulgarie et la République Tchèque en forte progression. L’Europe devrait voir sa production augmenter de 2,9 % cette année par rapport à 2014. 

Les échanges mondiaux se multiplient 

La consommation mondiale stagne actuellement en volume mais avec une évolution à la baisse dans les pays de culture traditionnelle viticole et à la hausse chez les nouveaux consommateurs. Cinq pays représentent à eux seuls la moitié de la consommation mondiale : les États Unis en tête avec 13 % du volume mondial, la France 12 %, l’Italie 9 % l’Allemagne 8 %, et la chine 7 %. L’évolution de consommation hors Europe se traduit par une croissance des échanges mondiaux. En 2014, 104M/hl ont été échangés dans le monde (+2 %). L’Espagne a pris la première place des exportations en volume, la France restant leader en valeur avec 7,7 milliards d’euros sur un total d’échange de 26 milliards. Le total des exportations avec les spiritueux représente un montant de 11 milliards d’euros. Les exportations françaises en 2014 ont été en légère régression, principalement sur le marché chinois. Cela est dû pour partie aux faibles récoltes bordelaises en 2012 et 2013 et à la volonté des dirigeants chinois de stopper la corruption liée aux alcools de luxe. Par contre au premier semestre 2015, les exportations de vins françaises redeviennent dynamiques et progressent de 7 %, tirées par les vins mousseux et le Champagne (+9 % en valeur). Les États unis sont en forte augmentation (+29 % en valeur). L’Asie progresse (+12 % en valeur) sur les marchés de Chine, Hong Kong et du Japon qui reprennent leur développement. Le marché Européen, plus mature, est beaucoup plus calme et marque un recul en volume et une faible croissance en valeur. 

Grâce à leur qualité, les vins français retrouvent une place de leader 

Dans les années 80 à 2000, les vins des pays du nouveau monde avaient multiplié par quatre leurs exportations, cela avait bouleversé le paysage viticole, les vins de table français ne trouvaient plus de marchés et finissaient fréquemment en distillation. 

Grâce aux changements et aux progrès des techniques de production (à la vigne comme en cave), l’amélioration qualitative des vins français (liée à la spécificité des AOC françaises) a permis à la France de retrouver une place prépondérante (1re en valeur) sur les marchés mondiaux. Les nouvelles attentes des consommateurs moins standardisées et orientées davantage vers des gammes supérieures correspondent mieux aux segments des productions françaises et permettent de dégager des rentabilités supérieures. Les vins australiens plus standardisés et moins en phase avec ces nouvelles attentes sont actuellement en difficulté sur le marché des États-Unis.

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Source : CERFRANCE - Pierre Gerard Pouteau - veille économique agricole - lettre n° 43 - 2015

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