Les vins des cépages résistants seront-ils plus bio que bio ?

Claudine Galbrun - Réussir Vigne Avril 2013

Les vins des cépages résistants  seront-ils plus bio que bio ?
Peter Riegel, fondateur de Weinimport. “ Un travail de communication et de marketing important sera nécessaire pour apprendre aux consommateurs à apprécier les vins issus de cépages résistants. ” DR

Les vins issus de cépages résistants, conduits en viticulture conventionnelle, pourraient se parer d’atouts environnementaux, propres à concurrencer les vins biologiques. Un danger réel pour les vins bio ?

Un vin “ zéro pesticide ”, baptisé Au creux du nid et produit par François et Vincent Pugibet du domaine de la Colombette dans l’Hérault, a fait une entrée remarquée au dernier salon Millésime bio. Ce vin est issu de nouveaux cépages résistants à l’oïdium et au mildiou et dont les vignes n’ont reçu aucun traitement. “ Planter ces variétés constitue un pari sur l’avenir, indique Vincent Pugibet. Certes, elles coûtent plus cher que des variétés classiques et ne bénéficient pas d’aides à la restructuration mais elles permettent de produire sans pesticides et donnent des vins originaux et de caractère. ” Ce que confirme l’ICV qui a mené des dégustations comparatives et qui n’a pas noté de différences significatives en termes d’appréciation par rapport au vin de référence. “ Reste à assurer la valorisation commerciale de ces vins ”, note Jacques Rousseau, de l’ICV. Sachant, précise-t-il, que les cépages résistants, en France, ne peuvent produire que des vins sans IG, avec en plus, mention sur l’étiquette qu’il s’agit de cépages expérimentaux. “ Quelle sera alors l’attitude du consommateur ? Comment communiquer sur les vins qui en sont issus ? Ils peuvent constituer un atout pour la viticulture biologique mais aussi un challenge commercial. Si demain, des vins conventionnels peuvent revendiquer de fortes qualités environnementales, ils pourraient concurrencer les vins bio. C’est peut-être quelque chose à méditer. ”

Tout le monde serait en bio !

“ Si tout le monde peut avoir accès à des plants résistants, ce serait formidable, indique Alain Réault, président de la Fédération nationale interprofessionnelle des vins bio. ”
Mais il tempère ses propos, rappelant que la fédération travaille à la mise en place d’une charte de production de plants biologiques, n’excluant pas de revenir à une reproduction sexuée de la vigne, estimant que les techniques actuelles de production de plants aboutissent à un affaiblissement du végétal et à une plus grande sensibilité aux maladies. “ Et puis le fait que les vignerons conventionnels ne traitent plus contre ces deux maladies n’exclut pas le recours aux engrais de synthèse. Nous avons donc encore des moyens de nous différencier. ” Et si l’on en croit l’expérience de Peter Riegel, fondateur de la société allemande de négoce de vins bio Weinimport, qui commercialise depuis dix ans des vins issus de cépages résistants, qu’ils ne soient pas si facile de les vendre. Pour l’instant, sur les quelque 11 millions de bouteilles que commercialise Weinimport, seulement 2 à 3000 bouteilles contiennent du vin issu de cépage résistant pur. 

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