Les vins français sur l’échiquier mondial

CER FRANCE, Gérer pour Gagner

Pierre-Gérard Pouteau, expert de la fi lière viticole au sein du groupe Veille Économique du réseau CER FRANCE.
La part de marché de la France dans le commerce mondial viticole régresse plus en volume qu’en valeur. Les vins français vivent une crise structurelle, à l’exception des vins effervescents qui tirent leur épingle du jeu.

Pierre-Gérard Pouteau, expert de la filière viticole au sein du groupe Veille Économique du réseau CER FRANCE, nous livre une analyse du marché mondial du vin, et de la place de la France dans cette compétition grisante.

Quelle est la situation du marché mondial du vin aujourd’hui ?

Pierre-Gérard Pouteau : 35 % des vins sont consommés en dehors de leur pays de production. Depuis 20 ans, les échanges mondiaux de vin sont en constante augmentation en volume. Ils ont pratiquement doublé, passant de 50 millions d’hectolitres en 1990 à 92 millions en 2010. Cette progression a essentiellement profité aux pays de l’hémisphère sud. La part de marché européenne s’est considérablement réduite, mais de façon inégalitaire selon les pays. La part de marché de la France a régressé de 25 à 15 % en 20 ans, alors que celle de l’Espagne a progressé de 12 à 18 %. L’Italie reste le premier pays exportateur, avec 22 % des parts de marché”.

Quelles sont les dernières évolutions marquantes ?

Pierre-Gérard Pouteau : La progression des échanges est fortement marquée par la croissance du vrac qui permet, notamment, de maîtriser les coûts de transports et de répondre aux orientations du développement durable. Cela complexifie néanmoins l’organisation des échanges. Il faut parfois implanter des unités d’embouteillage dans les pays importateurs. L’Espagne et l’Italie dominent de loin le marché du vrac, avec chacune plus de 8 millions d’hectolitres exportés. La France s’est moins positionnée sur ce marché.

Quelle est la stratégie développée par la France à l’exportation ?

Pierre-Gérard Pouteau : Pendant la crise économique de 2009-2010, l’Italie, l’Australie et le Chili ont réduit leurs prix pour maintenir leurs volumes de vente. D’autres pays producteurs ont préféré maintenir les prix, quitte à diminuer leurs volumes. Ce fut le choix de la France qui dispose actuellement d’une part de marché de 15 % en volume, mais de 30 % en valeur. La perte de part de marché française s’en trouve relativisée, puisqu’elle s’est accompagnée d’une hausse des prix moyens. La France viticole est multiple, et ce positionnement ne profi te pas à tous nos bassins de production. Les vins français vivent une crise structurelle, alors que les vins de Champagne, et d’une manière générale tous les vins effervescents, tirent leur épingle du jeu.

Quels sont les facteurs de compétitivité dans ce secteur d’activité ?

Pierre-Gérard Pouteau : Quand on parle commerce mondial, la parité entre l’euro et le dollar ainsi que les coûts de l’énergie et du transport influent évidemment sur les échanges. Si l’on focalise maintenant sur les facteurs de compétitivité spécifi ques à la vigne et au vin, le coût de production à l’hectolitre reste un facteur essentiel pour les vins d’entrée de gamme. Ce critère est fortement corrélé au rendement par hectare. La réforme de l’organisation commune de marché est orientée en ce sens, avec une libéralisation des règles de production et de vinifi cation. La coopération et le négoce l’ont compris, et réalisent des opérations de fusion ou d’association pour y répondre. Ainsi, pour aborder durablement les marchés à l’exportation, les opérateurs doivent parvenir à commercialiser des volumes importants et de qualité constante.

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