Millésime 2012 : une récolte historiquement faible

Millésime 2012 : une récolte historiquement faible
Parmi les appellations de Bourgogne, c'est la Côte de Beaune qui a le plus souffert, avec des récoltes en baisse de 50 à 70%.

Les rendements du millésime 2012 sont en baisse d'environ 20% en Bourgogne par rapport à 2011, tandis que la récolte est divisée par deux dans le Beaujolais en raison des intempéries et maladies qui ont attaqué la vigne.

"On s'attend à une récolte entre 1,2 million et 1,3 million d'hectolitres en Bourgogne", contre 1,58 million en 2011, a déclaré le président délégué du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), Michel Baldassini, lors d'une conférence de presse. Le viticulteur a fait l'inventaire des calamités qui ont touché les raisins pendant l'année : grêle, gel, maladies, coup de chaleur... Parmi les appellations de Bourgogne, c'est la Côte de Beaune qui a le plus souffert, avec des récoltes en baisse de 50 à 70%.

Dans le sud de la région, le Beaujolais connaît une situation préoccupante, avec des rendements en baisse de plus de 50%. "La récolte 2012 sera historiquement faible, du jamais vu de mémoire de vigneron", écrivait fin septembre l'Inter-Beaujolais dans un communiqué. Les professionnels estiment toutefois que la qualité sera au rendez-vous. Conséquence logique, "les prix vont augmenter", a prévenu Pierre-Henry Gagey, président du BIVB.

« Les premières observations de prix véritables seront faites courant novembre mais l'ambiance n'est pas à l'euphorie et n'incite pas à partir très vite à la hausse sans savoir ce que sera le marché", estime de son côté Nicolas Ozanam, délégué général de l'Union des maisons et marques de vins (UMVin) qui regroupe les négociants français.

"Je ne crois pas à une forte envolée",

L'attentisme porte particulièrement sur les "marchés lointains" d'Amérique et d'Asie "où on ne peut se permettre d'à-coups violents et de hausses de prix erratiques", a-t-il insisté. La profession n'enregistre pas non plus de "spéculation" sur les vendanges, avec des achats précoces, "parce que quoi qu'il arrive il n'y aura pas davantage de raisins", a-t-il relevé.

Une prudence  partagée du côté des vins de Bordeaux, les plus exportés: "Je ne crois pas à une forte envolée", a avancé Allan Sichel qui préside le négoce bordelais. "Tout le monde est inquiet et prudent dans ce contexte économique: tous ont le souvenir de certaines hausses de prix qui ont conduit à des pertes de marché, d'où la volonté d'être responsable et raisonnable", a-t-il assuré.

Malgré la concurrence des vins du nouveau monde, notamment américains ou argentins, "la demande générale ne cesse de croître et la production française reste concurrentielle" pour y répondre, a poursuivi M. Sichel. "On est bien placé depuis 3 ou 4 ans, pas seulement sur les vins de prestige mais aussi sur des vins de 3 à 5 euros en rayon", a-t-il insisté.

L'UMVin, nouvelle appellation de l'Association générale des entreprises vinicoles (ex-Agev), réunit environ 650 maisons de négoce représentant 70% de la production et plus de 95% du chiffre d'affaires des vins français (18 milliards d'euros), dont 7 milliards à l'exportation, "autant que 86 avions Airbus", note l'organisme.

Source avec AFP

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