Monde : des vendanges 2016 en berne

Sophie Caron

Monde : des vendanges 2016 en berne
La superficie du vignoble mondial est stable à 7,5 millions d’ha en 2016

Avec une production proche de 267 millions hl, la vendange 2016 mondiale est en baisse sensible ( -3,2 %) par rapport à l’an passé tandis que la consommation progresse légèrement, portée par la soif des Américains et Chinois. 

Gel, grêle, sècheresse, maladies…  Rien n’a épargné le vignoble français en 2016, conduisant à une vendange en baisse de 7 % l’an passé, à 43,5 Mhl. Une piètre récolte nationale qui fait craindre un accroissement de la concurrence des vins étrangers sur nos principaux marchés. Mais ces intempéries n’ont pas épargné les autres pays producteurs de raisins, comme l’a expliqué lors d’une conférence de presse Jean-Marie Aurand, directeur général de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).

En Amérique du Sud, les pluies diluviennes liées à El niño ont provoqué une chute de plus de 21% de la production chilienne, de 29% de l’argentine et ont réduit à néant la moitié de la production brésilienne (moins de 1,6 millions d’hl). En Afrique du Sud, c’est la sécheresse qui est responsable de la baisse de 6% la production nationale.

En Europe, outre la France, les récoltes portugaises, autrichiennes, roumaines et hongroises ont été fortement impactées. Seuls nos voisins espagnols et italiens sont passés au travers des intempéries. Ainsi, l’Italie confirme sa place de premier producteur mondial avec une récolte de plus de 50 Mhl alors que la production espagnole avoisine les 40 Mhl et talonne ainsi la récolte française. Les Etats-Unis enregistre également une production importante à 24 Mhl. 

La chine, deuxième plus grand vignoble

La chine, qui voit ses surfaces plantées en vigne progresser d’années en années, ne figure toujours pas dans le top 5 des plus gros producteurs mondiaux. En effet, son vignoble, le deuxième en taille derrière l’Espagne et devant la France, reste essentiellement consacré (~ 80%) à la production de raisins de table.

Face à cette baisse de la production mondiale, la consommation tient bon et progresse même légèrement à 242 millions d'hectolitres, même si elle n’a pas retrouvé son niveau (250 millions d'hectolitres) d'avant la crise financière de 2007. Deux pays tirent toujours cette progression de la consommation : les Etats-Unis et la Chine.

USA : premier marché mondial pour le vin

Les USA, avec une consommation estimée à 31,8 millions hl, confirment leur position de 1er consommateur mondial depuis 2011, avec un niveau de demande intérieure en progression par rapport à l’année précédente (+2,5% /2015). En Chine, la consommation 2016 dépasserait les 17 millions hl, soit une hausse de 7%. La Chine est aujourd’hui le cinquième pays consommateur de vin derrière les USA, la France, l’Italie et l’Allemagne. Et la marge de progression est énorme puisque la consommation chinoise par habitant n’est que de 1,4 litre par an alors qu’elle est de plus de 50 l pour un Français et de 12 litres pour un Américain !

A noter que les échanges internationaux de vin restent largement dominés par l’Espagne, l’Italie et la France. Si la France reste numéro un en valeur avec 8,2 Md d’euros exportés en 2016 (28,5% de la valeur mondiale), l’Espagne occupe toujours la première marche en volume. Ses exportations se sont toutefois légèrement tassées en 2016 (22,9 Mhl contre 24,7 en 2015). Des vins espagnols bons marchés, très prisés, notamment par les importateurs français, qui comblent ainsi le déficit structurel de la France en vins d’entrée de gamme.

 

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La production française baisse de 7% en 2016 alors que les vendanges italiennes et espagnoles progressent. © OIV

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