Oïdium : Pas de produit de substitution au soufre

Claudine Galbrun

Oïdium : Pas de produit de substitution au soufre
Même le lactosérum a apporté de mauvais résultats. (J.-C. Gutner)

Des essais menés par la chambre d'agriculture de l'Aude et des Pyrénées Orientales, en partenariat avec l'IFV, montrent une nouvelle fois, les limites des produits alternatifs dans la lutte contre l'oïdium.

Les chambres d'agriculture de l'Aude, des Pyrénées Orientales et l'IFV ont testé en 2008, 2009 et 2010 différents produits alternatifs, susceptibles de lutter contre l'oïdium, comparés à un produit de référence, en l'occurrence le soufre mouillable, afin d'offrir éventuellement de nouvelles solutions de lutte aux viticulteurs biologiques.
Ont été testés la lactoferrine, la lactoperoxydase, le lactosérum, un mélange de lactoferrine et de lactoperoxydase, un produit à base de percarbonate, Enzicur (à base de constituants de lait), Prev 2 (extrait d'huiles essentielles) et un produit sous nom de code SDN. “ En 2008, nous avons obtenu de très bons résultats avec le lactosérum, identiques à ceux donnés par le soufre (5 % d'intensité sur grappes et 65 % pour le témoin). Prev 2 et le SDN sous code ont également montré une bonne efficacité. Quant aux autres produits, leur efficacité a été très variable et largement insuffisante : 43 % d'intensité sur grappe pour le percarbonate, par exemple ”, explique Olivier Féraud, conseiller viticole à la chambre d'agriculture de l'Aude. “ En 2009, nous avons observé des résultats contradictoires par rapport à ceux de l'année précédente. Le lactosérum avait perdu de son efficacité, ainsi que le Prev 2. En 2010, alors que nous avons mené un programme de traitement associant les différents produits au soufre, même ce dernier a enregistré de mauvais résultats. ”

Poursuite des essais

“ Les résultats sont donc très mitigés, soit parce que ces produits ne sont pas rémanents — peut-être faudrait-il utiliser des adjuvants — ou parce qu'ils sont photolabiles. Cette année, nous allons poursuivre ces essais mais en associant directement dans le pulvérisateur le soufre et ces différents produits. Il est clair que nous n'avons pas fait le tour de la question. La vocation de ces molécules est d'oxyder le champignon. En laboratoire, cela marche mais il nous reste à comprendre pourquoi cette oxydation ne fonctionne pas à plein au champ. Pour l'heure, ils ne peuvent donc être substitués au soufre sur cépages sensibles ou en cas de forte pression. ”

Source Réussir Vigne Septembre 2011

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