Pesticides : enquête préliminaire après une plainte pour homicide involontaire

Pesticides : enquête préliminaire après une  plainte pour homicide involontaire

Une enquête préliminaire a été ouverte après la plainte contre X pour homicide involontaire déposée par la famille d'un vigneron décédé d'une maladie liée à l'utilisation de pesticides.

La plainte déposée le 27 avril devant le Pôle de santé publique du TGI de Paris "a visiblement retenu toute l'attention du procureur, qui a décidé d'y donner suite en ordonnant l'ouverture d'une enquête préliminaire", ont annoncé dans un communiqué commun les ONG Phyto-Victimes et Générations Futures, qui soutiennent la démarche de la famille.

"Le parquet a ouvert en juin une enquête à la suite de la plainte contre X pour homicide involontaire, tromperie et omission de porter secours", confirme une source judiciaire.

"Un vice-procureur est désigné pour suivre cette enquête préliminaire au sein du Pôle santé publique de Paris (...), donc de premières investigations vont être menées", a déclaré l'avocat François Lafforgue, qui représente la famille du viticulteur bordelais décédé James Bernard Murat.

"C'est précisément ce que nous attendions et espérions. Un  classement sans suite aurait été intolérable pour nous, cela constituait un risque et notre plus grande crainte", déclare Valérie Murat, fille de James Bernard Murat, dans le communiqué.

Première plainte pénale en France

Sa fille, Valérie Murat avait déposé plainte avec l'espoir de briser "l'omerta" régnant selon elle sur l'impact sanitaire des pesticides utilisés dans la viticulture. James Bernard Murat est mort en décembre 2012 d'un cancer dont le caractère professionnel, lié à l'utilisation d'arsénite de sodium, avait été reconnu en février 2011. Selon sa fille, il a utilisé pendant 42 ans, de 1958 à 2000, de l'arsénite de sodium pour traiter ses vignes contre l'esca, sans jamais avoir été alerté sur la toxicité de ce produit pour sa santé.

Cette plainte pour "homicide involontaire" est "la première plainte pénale en France" dans ce type de dossier, selon M. Lafforgue. Elle "a pour objectif de faire la lumière sur ce qui s'est passé et de dégager les responsabilités, notamment celles des firmes qui ont commercialisé des produits sans avoir indiqué les risques encourus", rappellent les ONG dans leur communiqué.

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