Qualité des vins : Polémique autour de l'effet millésime

Claudine Galbrun

La polémique vient d'outre-Manche et a fait grand bruit dans le landernau viticole : le millésime n'aurait plus d'impact sur la qualité des vins. Jean Courtois, directeur général du Château La Grézette (Lot), dément. Formellement.

La fronde est partie d'un article paru dans le journal britannique The Times. Hugh Jonhson, célèbre écrivain du vin, déclarait de but en blanc que les millésimes n'ont plus d'impact sur la qualité des vins, les oenologues disposant en cave de tout l'arsenal nécessaire pour tirer la meilleure qualité des raisins. Et qu'au final, afficher l'année des vendanges sur la bouteille relevait du dernier snobisme et n'était qu'affaire de gros sous. “ Personne n'achètera un bordeaux non millésimé alors qu'il sera aussi bon qu'un autre. Il lui manquera juste son côté romantique ”, affirme Hugh Jonhson. “ Comment peut-on nier l'effet millésime ? ”, se demande Jean Courtois, du Château La Grézette.

Jean Courtois :“ Au moment où le consommateur est à la recherche de saveur, de produits du terroir et d'authenticité, gardons à notre métier cette part de poésie et de mystère. ” (DR)

Jean Courtois :“ Au moment où le consommateur est à la recherche de saveur, de produits du terroir et d'authenticité, gardons à notre métier cette part de poésie et de mystère. ” (DR)

“ Des raisins tendres, des raisins robustes ”

“ Il faut d'abord de bons, voire de très bons raisins pour faire de grands vins car on dispose dans la cave de la même technique chaque année. Et c'est le millésime qui fera que l'on produira des vins qui cette année seront plus tendres et l'année d'après, plus robustes. Nous ne sommes pas en mesure de contrôler la nature mais nous savons faire du vin et exprimer le meilleur du terroir selon les conditions du millésime. Accorder peu d'importance au raisin et faire totalement confiance aux pratiques en cave, à une maîtrise technique, ne peut que prévaloir pour des vins de masse. Pour les vins de domaine et de châteaux, nous devons à tout prix conserver cette part de mystère, de poésie et de séduction qui relève de la découverte du millésime. Sans oublier la part de génie du vinificateur. Autrement, à quoi tout cela servirait–il ? ”

Jean Courtois du Château la Grezette. “ Gardons à notre métier cette part de poésie et de mystère surtout au moment où le consommateur est à la recherche de saveur, de produits du terroir et d'authenticité. ”

Source Réussir Vigne Janvier 2008

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