Récolte mécanique : Une vendange propre dès la parcelle avec le tri embarqué

Ludovic Vimond

En une décennie, les systèmes de tri embarqués se sont fortement démocratisés, équipant la saison dernière les deux tiers du marché des machines à vendanger neuves, aussi bien automotrices que tractées. Considéré au départ comme un gadget, le tri embarqué a vite dépassé ce stade pour devenir un acquis, au même titre que la climatisation dans les cabines.

“ Quand on y a goûté, on ne revient pas en arrière ! ” C'est le message quasi unanime des utilisateurs de systèmes de tri sur leurs machines à vendanger. Depuis une dizaine d'années, ces équipements tendent à se démocratiser sur les automotrices, à tel point qu'ils équipent 70 à 75 % des machines neuves chez certains constructeurs comme New Holland ou Pellenc. D'autres y voient un phénomène de mode, estimant que le marché devrait redescendre autour de 40 %, pour plusieurs raisons : nombre de vignerons sont déjà bien équipés en matériels de traitement et de tri de la vendange au chai. Le surcoût d'un système de tri embarqué ne se justifie pas forcément. Par ailleurs, pour certaines coopératives, un égrappoir unique au chai revient moins cher qu'un tri embarqué sur 5 ou 6 machines à vendanger.
Tarifés entre 12 000 et 26 000 euros selon les marques, les modèles et les têtes de récolte, les tris embarqués présentent cependant de nombreux avantages. Aussi efficaces que les érafloirs de cave, ils n'engendrent pas de pertes supplémentaires de baies, simplifient la chaîne de réception, donc la main-d'oeuvre, et suppriment les problèmes d'épandage des rafles, puisqu'elles sont épandues en continu à la parcelle. En outre, d'un point de vue gustatif, le tri embarqué réduit le contact entre les parties herbacées (feuilles, pétioles, rafles) et les baies, ce qui se traduit par une nette atténuation des notes herbacées dans le vin qui en découle.
Si les premières générations de tri embarqué avaient tendance à augmenter de façon importante le taux de jus dans les bennes, les progrès techniques quand au respect des baies ont fortement réduit ce désagrément. La suppression de l'étape d'égrappage au chai réduit l'aération et l'oxydation de la récolte à la réception, et compense l'oxydation à la parcelle par l'éventuel surplus de jus.

À chaque constructeur sa solution technique de plus en plus pointue, efficace et respectueuse de la récolte. (L. Vimond)

À chaque constructeur sa solution technique de plus en plus pointue, efficace et respectueuse de la récolte. (L. Vimond)

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Vigne juillet-août 2010, RV n°165, p.14 à 19.

Source Réussir Vigne Juillet-Août 2010

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