Réflexions sur l’économie circulaire

Claudine Galbrun - Réussir Vigne Juin 2013

Réflexions  sur l’économie circulaire
Le marc de raisin peut connaître de multiples valorisations et être, par exemple, transformé en bioéthanol pour la production d’un biocarburant permettant une réduction de 85 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport au diesel. © P. Cronenberger

Transformer les déchets en matière première réutilisable pour la conception de nouveaux produits : tel est le principal fondement de l’économie circulaire. Un concept de développement durable que l’agriculture a eu tendance à oublier.

“ Les vignerons, comme tous les agriculteurs, depuis la nuit des temps faisaient de l’économie circulaire, indique François-Michel Lambert, président du tout nouvel institut de l’économie circulaire, créé en février dernier et qui est aussi député des Bouches du Rhône. Mais depuis 60 ans, ils s’en sont éloignés. ” Tout comme beaucoup d’autres secteurs, ils ont opté, et sans doute, les y a t-on incités, pour l’économie linéaire qui ne se préoccupe pas de l’épuisement des ressources et de l’avenir de ses rejets ou de ses déchets. L’économie circulaire vise au contraire, à optimiser les flux d’énergie et de matière à l’échelle d’un système. “ Cela implique de consommer le moins de matière, d’organiser sa production pour être plus efficace et efficient, de minimiser les intrants toxiques et surtout de recycler les déchets pour qu’ils n’en soient plus mais deviennent des matières premières valorisables. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Qui mieux qu’un agriculteur le sait ?, poursuit François Michel Lambert. En fait, l’économie circulaire s’inspire de la nature. ”
Sauf qu’aujourd’hui, il est plus facile de trouver des amendements chimiques qu’organiques. Mais pour combien de temps encore ? “ Il ne sera bientôt plus supportable d’aller chercher des intrants artificiels sachant qu’entre un et quatre milliards d’habitants aspirent à avoir un niveau de vie équivalent au nôtre. Cela implique des changements pour revenir aux fondements de la production agricole et viticole. ”
Au niveau de l’exploitation, ce peut être la transformation des sarments en bois de chauffage plutôt que de les brûler à l’air libre, le compostage des matières organiques, pour les exemples les plus simples. Mais cela peut aller beaucoup plus loin (voir encadré).

“ L’alliance de la carpe et du lapin ”

Mais l’économie circulaire ne se limite pas aux contours de l’exploitation. “ Pour faire de la méthanisation à base de marc de raisin, il faut des volumes ce qui implique donc de se regrouper. L’économie circulaire nécessite ainsi une toute autre approche de la collaboration, de l’échange. Elle implique la rencontre des contraires, l’alliance de la carpe et du lapin. L’une et l’autre ont quelque chose à partager et se renforcent mutuellement. L’économie circulaire est une économie de proximité, qui se concentre sur la productivité de la ressource. Il faut trouver dans son territoire l’équilibre nécessaire à sa production. ” L’objectif de l’institut de l’économie circulaire est de fédérer des acteurs d’horizons différents (entreprises, universitaires, ONG, fédérations professionnelles, collectivités, syndicats…) pour échanger, initier les débats mais aussi faire bouger la législation qui, aujourd’hui, favorise le déchet. “ Pour l’instant, aucune organisation professionnelle agricole ou viticole n’est représentée au sein de l’institut, mais on se doit de les y associer, car ceux qui vivent au plus près de la nature, dont nous nous inspirons, sont bien les agriculteurs ”, souligne encore François-Michel Lambert.

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