Reportage en Ardèche : Le vin de qualité, « des contraintes mais un meilleur niveau de vie »

En faisant évoluer l'exploitation familiale vers des vins de qualité, un mouvement largement suivi en Ardèche, Matthieu Deborne, 35 ans, a découvert « des contraintes nouvelles » mais gagné une plus grande sécurité financière.

« Mon niveau de vie a progressé par rapport à celui de mon père, mais cela demande une grande rigueur dans le travail », confie le viticulteur de Rochecolombe, qui vient de boucler les « vendanges d'octobre » de son vin blanc emblématique, un viognier.

Lorsqu'il s'est associé avec son père en 1999, avant de poursuivre l'activité seul, l'exploitation familiale produisait du vin de pays rouge sur 15 hectares, mais aussi des pêches, des poires et des cerises. Très vite, le jeune homme décide d'abandonner la polyculture, fragilisée notamment par les coûts d'acheminement des fruits vers la vallée du Rhône, pour développer la viticulture et doubler la taille du domaine, dans un vignoble ardéchois en quête de qualité. A raison de « 1,5 à 2 hectares plantés par an », il mise sur de nouveaux produits, le rosé et surtout certains cépages blancs, objets de contrat avec la puissante coopérative départementale, l'Union des Viticulteurs ardéchois (Uvica).

Un contrat avec la coopérative permettant d'assurer un revenu

Pour le chardonnay ou le viognier, l'Uvica garantit en effet un prix à l'hectare aux viticulteurs qui répondent à ses conditions de qualité. Ces derniers sont donc protégés des soubresauts du marché, une garantie précieuse en pleine crise viticole. « Si mon viognier répond au cahier des charges, il est rémunéré environ 6.000 euros à l'hectare par an. Mais s'il passe en vin de pays générique, il ne se vend plus que 2.500 à 3.000 euros l'hectare! », souligne Matthieu Deborne, qui a connu cette mésaventure « une seule année ».

Quelques règles imposées en contrepartie

Ll'Uvica impose que les parcelles ne dépassent pas un certain poids de raisins par pied, pour favoriser le développement de leurs arômes, ce qui oblige à « éclaircir » régulièrement les vignes.

Autre impératif, éviter les maladies « les plus préjudiciables en termes qualitatifs », tout en ne traitant les vignes « que lorsque c'est nécessaire ».

Parallèlement à ces règles strictes, la coopérative a impulsé une multitude d'évolutions parmi ses adhérents : la récolte elle-même s'est faite plus précise, avec le développement de « vendanges de nuit » initialement destinées à éviter que le blanc ne perde en arômes sous l'effet des fortes chaleurs. « Depuis quelques années la mode des rosés est plutôt aux couleurs pâles. Donc on les vendange aussi entre 4H00 et 9H00, pour éviter que le jus ne fonce », explique le jeune homme.

Source AFP

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