Salon Wine Fair : Une réussite virtuelle ?

Magali Sagnes

En juin dernier, un petit nombre de vignerons avaient rendez-vous avec des acheteurs potentiels sur la toile une semaine durant. Le lieu de leur rencontre ? Un salon virtuel, baptisé Wine Fair. Récit d'une visite.

Vendredi 25 juin, 10 h 20, je me prépare à entrer dans le salon virtuel. Pas besoin de cravate ou de talon aiguille, puisque pour accéder à ce salon, un clic suffit. Première impression plutôt positive : le design est attractif et de qualité, la visite virtuelle peut commencer… Hall d'accueil, il y a même une sympathique hôtesse… Je clique et visite la salle de conférences, où l'on peut poser ses questions aux intervenants en tchat… Un espace lounge… Retour à l'accueil, de nouveau l'hôtesse qui recommence sa présentation…

D'un clic, on accède à l'accueil du premier salon des vins virtuels sur www.winefair.com (DR)

D'un clic, on accède à l'accueil du premier salon des vins virtuels sur www.winefair.com (DR)

Comme dans un jeu vidéo

Visite du salon des exposants, les déplacements se font comme dans un jeu vidéo. Les viticulteurs sont présents sous forme d'avatars (NDLR : représentation informatique d'un internaute), avec qui il est possible de tchater… Je reclique sur l'accueil…, zut de nouveau l'hôtesse… Mais comment coupe-t-on le son ? Mises à part des apparitions pas toujours contrôlées de l'hôtesse, et quelques clics maladroits, le surf au sein du site est assez facile, même si l'on n'est pas un roi du maniement de la souris.
Je vais pouvoir entamer ma première chat-interview… Rencontre avec Isabelle Jeune, du Grand Tinel à Châteauneuf-du-Pape, qui fait partie de la quarantaine de vignerons à avoir tenté cette première expérience. “ Je ne suis pas férue d'informatique, mais la personnalisation de notre stand ne m'a pas posé de soucis. Le site est bien conçu, très intuitif ”, explique-t-elle. Tous les stands se présentent en trois parties : un présentoir où l'on peut découvrir le descriptif complet d'une cuvée en cliquant sur une bouteille, une partie centrale pour tchater et échanger avec le vigneron via webcam, audio conférence, ou tchat écrit. Si l'exposant n'est pas disponible ou absent, le visiteur pourra consulter ses brochures, les descriptifs de ses produits et télécharger sa carte de visite. La troisième partie du stand recense tous les documents et photos du domaine.

Remplir son carnet d'adresse

“ Pour nous, c'était un peu particulier, car nous n'avons pu nous connecter que mercredi, suite à des problèmes avec notre firewall (NDLR : pare-feu, système de protection contre les intrusions sur l'ordinateur). ” Mais globalement, Isabelle Jeune semble très satisfaite de cette première édition : “ Je regrette juste que nous n'ayons pas mis nos prix. Nous n'avons pas voulu faire de la vente en ligne. Nous ne sommes que deux au bureau, c'est trop lourd à gérer. Mais ce premier salon virtuel me donne envie de développer la vente via internet. ”

Les exposants ont pu choisir entre trois types de stands : bio/nature, tradition ou comme ici design. (DR)

Les exposants ont pu choisir entre trois types de stands : bio/nature, tradition ou comme ici design. (DR)

 

“ Faire de la prospection vers de nouveaux clients ”

Bien entendu, le hic, c'est que l'on ne peut pas déguster. Ce salon virtuel est donc à situer entre un salon physique et de la publicité, avec l'avantage vis-à-vis de cette dernière de pourvoir échanger avec le visiteur. “ C'est surtout une bonne façon pour faire de la prospection vers de nouveaux clients. Dans le backoffice (partie du site qui n'est accessible que par les exposants), nous avons accès aux statistiques de visite du site en général, et de notre stand. J'ai donc toutes les coordonnées des personnes qui visitent mon stand, puisqu'elles doivent s'enregistrer avant de commencer la visite. ” Un atout indéniable par rapport à un salon physique. Un caviste du nord de la France a visité son stand ce matin. “ Je lui ai donné rendez-vous prochainement, car nous allons faire un salon, physique cette fois-ci, dans le Nord de la France. ” Pour cette première édition, il faut bien essuyer les plâtres, mais “ comme nous ne sommes pas nombreux, c'est un plus aussi. Les visiteurs ont le temps de faire le tour de l'ensemble des stands. Je crois que nous sommes le seul domaine de Châteauneuf-du-Pape. Du coup, nous ne sommes pas noyés au milieu de centaines d'exposants présentant des produits similaires ”. Les cinq premiers jours étaient exclusivement dédiés aux rencontres entre professionnels, et le week-end, le salon était ouvert au grand public. Une bonne façon de cibler ce public jeune que tous les responsables marketing cherchent à capter. “ Ce concept participe à donner une image dynamique de notre activité ”, poursuit Isabelle Jeune.

Cette année, le salon reste très franco-français, avec un seul exposant libanais et quelques visiteurs étrangers. “ Pour nous, ce n'est pas plus mal, car nous faisons 65 % de nos ventes à l'export. Cela nous permet donc de développer nos ventes sur l'hexagone. ” Mais le salon brigue une ampleur plus internationale dans les années à venir. Ses créateurs mettent en effet en avant l'intérêt écologique et les économies en termes de bilan carbone®. “ C'est l'occasion de capter des clients qui n'auraient pas forcément fait le déplacement. Des publicités autour du salon ont été faites dans différentes langues, notamment en chinois, un marché important pour nous. ”

Un concept économique et écologique

Quant au coût ? De 1490 euros HT à 2400 euros HT le stand, en fonction de la communication et de la visibilité du domaine lors du salon, et autour du site internet en dehors du salon. “ Cela reste tout de même moins cher qu'un salon physique, auquel il faut ajouter les frais de déplacement et d'hôtel. Et c'est tout de même très intéressant de pouvoir faire cela de chez soi, avec ses avantages et inconvénients : pas facile de gérer son travail au domaine et les sollicitations sur internet. ” Quant au bilan pour le visiteur, il est certain que c'est un sacré gain de temps. Pas de déplacement, pas besoin de passer plusieurs fois sur un stand en attendant que le viticulteur se libère. Pas besoin de mettre en place un véritable road book pour gérer ses rendez-vous dans le dédale du salon, et finir la journée les pieds plein d'ampoules, épuisé, un plan tout froissé sous le bras, à repasser pour la cinquième fois dans la même allée, avec un sac de 10 kg rempli de dépliants que l'on ne regardera jamais…

Source Réussir Vigne Novembre 2010

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