tude : Une nouvelle image pour les vins désalcoolisés

Claudine Galbrun

L'image des vins allégés en alcool a changé en trois ans, constate Jean-Pierre Corbeau, sociologue et ce, chez les différents acteurs de la filière. Cela suffira-t-il à développer leur marché ?

“ En l'espace de trois ans, les représentations favorables et défavorables du vin allégé se sont modifiées chez les consommateurs mais aussi chez tous les acteurs de la filière du boire ”, constate Jean-Pierre Corbeau qui a mené une étude qualitative sur ce sujet. “ Les vignerons ne manifestent plus d'hostilité à ces vins. Mais la quasi-totalité d'entre eux expriment la volonté de garder la main mise sur le produit et rejettent toute idée de cracking du vin et de recours à un process industriel. Qui ferait quoi ? Combien cela coûterait-il ? S'interrogent-ils aussitôt. Avec en arrière-plan, le refus de se faire avoir comme les petits producteurs laitiers. Et pour être sûr de garder le pouvoir, ceux-ci privilégient la voie viticole pour l'obtention de vins allégés, soit des cépages adaptés ”, indique Jean-Pierre Corbeau.

La distribution frileuse

Côté grande distribution, les choses ont également bougé mais dans le sens inverse. “ Plutôt pour il y a trois ans, les chefs de rayon observent une certaine réticence et ne désigne pas ce marché comme porteur. Sauf s'il s'agissait de produits naturellement allégés. Les expériences menées au cours de ces trois dernières années les ont quelque peu refroidis. ” De franchement hostiles trois ans plutôt, les cavistes indépendants montrent un certain intérêt pour ces vins adaptés à un segment de leur clientèle à bon pouvoir d'achat. Un vin titrant 9° reste considéré comme du vin et est apprécié. Si l'on va bien en-deça de ce degré, c'est alors le côté original et folklorique qui joue. Les franchisés, type Nicolas, se montrent beaucoup plus réservés, estimant que ces produits ne sont pas suffisamment marketés. Chez les consommateurs buveurs habituels de vins et intéressés par les vins allégés, deux profils se détachent : l'un plutôt féminin, jeune, actif, urbain ; l'autre est beaucoup âgé, plutôt cadre supérieur, concerne des buveurs de vin rouge qui retrouvent dans ces vins allégés, le vin de table qu'ils buvaient il y a trente ans. Un profil de “ vieux buveurs ”, appelé à disparaître.

“ En trois ans, les vins a été allégés sont perçus beaucoup plus positivement mais ne semblent constituer, pour l'instant, qu'un marché de niche pour une clientèle plutôt aisée. Il va aussi falloir compter avec l'aspect industriel du produit qui sera perçu différemment selon les représentations initiales du consommateur vis-à-vis du vin. Soit il faudra expliquer comment le vin allégé ou alors ne pas le dire. En fait, il va falloir compter pour développer ce marché sur les prescripteurs, chroniqueurs du vin et autres “ gate-keepers ” tels la revue Cuisine et Vins de France ou Jean-Pierre Coffe afin qu'ils en disent du bien. Mais pour l'instant, le vin allégé est considéré comme un gros mot. »

“ En trois ans, les vins allégés sont perçus beaucoup plus positivement mais ne semblent constituer, pour l'instant, qu'un marché de niche pour une clientèle plutôt aisée. Il va aussi falloir compter avec l'aspect industriel du produit qui sera perçu différemment selon les représentations initiales du consommateur vis-à-vis du vin. Soit il faudra expliquer comment le vin allégé ou alors ne pas le dire. En fait, il va falloir compter pour développer ce marché sur les prescripteurs, chroniqueurs du vin et autres “ gate-keepers ” tels la revue Cuisine et Vins de France ou Jean-Pierre Coffe afin qu'ils en disent du bien. Mais pour l'instant, le vin allégé est considéré comme un gros mot. »

Source Réussir Vigne Mars 2009

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