Vendanges 2014, une récolte française de bon aloi

Pierre-Gerard POUTEAU

Vendanges 2014, une récolte française de bon aloi

La récolte 2014 dépasse de loin les prévisions moroses liées à une météo estivale peu engageante. La France retrouverait ainsi sa première place de pays de producteur devant l’Italie, malgré la faible performance du Languedoc Roussillon que les intempéries n’ont pas épargné. Si les ventes à l’export ont été impactées par les politiques intérieures ou internationales, les perspectives à moyen terme laissent encore entrevoir une demande potentiellement en croissance. Cette bonne récolte viticole alliée à une stratégie de reconquête des marchés extérieurs, devrait contribuer à dynamiser la viticulture française.

Vendanges 2014, une récolte française de bon aloi

Vendanges 2014 : Après la pluie... le beau temps !

L’été, perturbé par des conditions climatiques défavorables et notamment un mois d’août froid et pluvieux, laissait craindre une récolte hétérogène et de moindre qualité. Le mois de septembre et son ensoleillement généreux ont remis du baume au cœur des viticulteurs. En France, l’excédent de températures est de 1,6°C ce qui place septembre 2014 en 3ème position des mois de septembre les plus chauds de ces dernières décennies. Globalement, la récolte sera de bonne qualité avec des quantités en progression de 10% par rapport à 2013 ou 2% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Après deux années de faible récolte (42 Mhl en 2012), la France retrouve sa première place devant l’Italie, avec 46 millions d’hl. La région bordelaise, durement sinistrée en 2013, connaît cette année la plus forte progression avec + 52% de production (+ 8% par rapport à la moyenne de ces 5 dernières années).

Les orages de grêle qui ont provoqué des «dégâts importants» dans l’Aude et l’Hérault et les récentes intempéries dans le Languedoc Roussillon auront toutefois limité l’embellie générale avec une chute de la production de 11% comparée à 2013. 

Politiques et marchés : Des exportations en berne

Si le marché français affiche une certaine stabilité de ses ventes, la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS) fait état d’une baisse de nos exportations de 3,5% en volume, et surtout de 7,3% en valeur, sur les six premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2013. Cette chute résulte de la récolte 2013 insuffisante mais également d’un marché mondial plus tendu.

En Europe, la situation a été contrastée. On a enregistré une chute de 20% à destination du Royaume-Uni, notre deuxième marché à l’export pour ce secteur. Il a été essentiellement pénalisé par son rôle de plate-forme de réexpédition à destination de l’Asie (Hong Kong, Chine). Les tendances ont été plus favorables en Europe du Nord : Norvège +11% et Suède +7%.

La dégradation de l’économie russe et les tensions liées au conflit en Ukraine ont faiblement impacté les expéditions. En effet, les vins et spiritueux ne sont pas concernés par l’embargo. «Pernod Ricard », numéro deux mondial des spiritueux, réalise d’ailleurs seulement 3% de son chiffre d’affaires en Russie et produit sur place un tiers des bouteilles qui y sont vendues. Le marché chinois a considérablement réduit ses achats, principalement en haut de gamme : -9% en volume, mais près de -28% en valeur. L’opération anticorruption lancée par les autorités a eu une conséquence inattendue en France : la chute spectaculaire des ventes de cognac et d’une manière générale des produits à forte valeur ajoutée comme les «Grands bordeaux ». Le marché du vin a connu une baisse de 7% sur cette même période. Les ventes de Bordeaux ont également été affectées par la réduction de l’offre (-28%). La tendance est à relativiser puisqu’elle fait suite à des progressions exceptionnelles. 

Entre 2009 et 2014, les exportations de vins de Bordeaux vers la Chine avaient  progressé de 168% en valeur et 231% en volume.

Perspectives : Prévisions optimistes et reconquête des marchés ?

Selon une étude réalisée pour Vinexpo, la consommation mondiale devrait continuer de croître (+5% entre 2013 et 2017) tirée par l’Asie et les USA. En Chine, après une pause en 2013 (-2,2%), les prévisions font état d’une augmentation de plus de 33% entre 2013 et 2017.

 En France, les stocks sont au plus bas  après ces deux dernières années et l’enjeu majeur va consister à retrouver nos parts de marchés, notamment face à l’Italie et L’Espagne qui sont devenus de « redoutables compétiteurs ». En Chine, derrière les consommateurs de cognac et grands bordeaux se développe une classe moyenne nombreuse et avide de découvrir le vin, mais en attente de prix plus abordables. Les vins français bénéficient toujours d’une image porteuse mais ils devront rester compétitifs face aux vins de concurrents très actifs pour profiter de cet immense marché qui devrait encore se développer dans les prochaines années.

Source : Cerfrance -  Lettre Veille Economique Agricole - Décembre 2014 - n° 40

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