Vin : Bruxelles fait marche arrière sur la suppression des droits de plantation

S C

Vin : Bruxelles fait marche arrière sur la suppression des droits de plantation

La Commission européenne annonce qu’elle envisage de revenir sur la suppression programmée des droits de plantation, une réforme qui inquiétait de nombreux vignerons d'appellations contrôlées.

Les droits de plantation, un système de contrôle des vignobles, étaient appelés à disparaître d'ici à 2018 afin de permettre d'adapter la production à la demande internationale et aux effets de mode, en donnant aux vignerons le libre choix de planter les cépages qu'ils souhaitent. De nombreux vignerons s'inquiètent des conséquences de cette mesure. Ils évoquent des risques de surproduction, de baisse des prix et de concurrence défavorable des plaines au détriment des coteaux.

Au cours d'une réunion vendredi d'un groupe d'experts sur l'avenir de la filière vin à Bruxelles, le représentant de la Commission européenne a dit "réfléchir" au maintien d'un système de gestion des vignes, mais plus "souple" que l'actuel.  "Si système de gestion des plantations il y a, il se doit d'être souple, non restrictif (...) et impliquant largement la filière", a souligné le directeur général chargé de l'agriculture à la Commission, José Manuel Silva Rodriguez.

En même temps, une annulation pure et simple de cette réforme décidée en 2008 n'est pas possible, a-t-il jugé. Cela constituerait "une aubaine pour nos concurrents", les vins du nouveau Monde, chiliens, argentins ou sud-africains, qui n'ont pas de systèmes équivalents de contrôle et s'adaptent plus facilement aux effets de mode.

Sur le terrain, ce sont les viticulteurs mais aussi les autres acteurs économiques et leurs organisations professionnelles "qui doivent devenir les vrais acteurs de la gestion des plantations", a jugé M. Silva Rodriguez.

En cas d'explosion des nouvelles plantations, une clause de sauvegarde pourrait être activée à partir d'un certain seuil, au-delà duquel les plantations seraient gelées. En même temps, Bruxelles souhaite "éviter toute distorsion de concurrence entre producteurs de l'Union" européenne, a-t-il précisé.

Selon le porte-parole de la Commission chargé de l'agriculture, Roger Waite, ces idées ont été dans l'ensemble "bien accueillies" par les experts consultés. Le groupe doit essayer à la fin novembre de tirer les conclusions de ses réflexions, sur la base desquelles la Commission va préparer des propositions législatives qui devraient pouvoir entrer en vigueur fin 2015 après adoption par le Parlement européen et les Etats, a-t-il précisé.

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier