Vins et spiritueux : les exportations à leur plus haut niveau

Lise Monteillet

Carton avec des bouteilles de vin.

Les exportations françaises ont atteint 12,9 milliards d’euros en 2017, battant tous les records.

En hausse de 8,5 % par rapport à l’année précédente, les exportations françaises de vins et spiritueux ont atteint 12,9 milliards d’euros en 2017. En volume, 199 millions de caisses de 12 bouteilles de vins ou d'alcools ont été envoyées hors des frontières de l’hexagone, soit 5% de plus que l’an passé. Ces chiffres confirment le poids du secteur dans la balance commerciale de la France. Les vins et spiritueux constituent le second excédent commercial du pays, derrière l’aéronautique.

Toutes les catégories bénéficient de cette conjoncture favorable : les vins (dont le champagne) enregistrent une croissance de 9,6% en 2017 en valeur tandis que les exports de spiritueux, augmentent de 6,3%. Juliette Monmousseau, représentant les vins effervescents à la fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), constate ainsi « une vraie soif pour les vins effervescents dans le monde », avec une augmentation de 30 % sur dix ans. 2017 est aussi un bon cru pour le cognac, les exportations ont dépassé les trois milliards d’euros, en hausse de 10,8% par rapport à 2016. Plus largement, toutes les régions productrices de vin ont profité de la dynamique des exportations. 

La Chine et les USA moteurs de la croissance

« La Chine et les USA tirent la croissance », commente Antoine Leccia, président de la FEVS. Les États-Unis sont le premier débouché à l’international, en ayant importé plus de trois milliards d’euros de vins et spiritueux en 2017. Viennent ensuite le Royaume-Uni et la Chine. Vers ce dernier pays, les exportations ont bondi de 25 % sur un an. 

D’où la position de la fédération en faveur de l’ouverture des frontières avec les pays tiers. Les accords de libre-échange sont « un levier déterminant » pour poursuivre le développement de la filière, rappelle Nicolas Ozanam, délégué général de la FEVS. À propos du Mercosur, ce dernier plaide en faveur d’un « accord ambitieux », en précisant qu’il doit inclure une suppression des barrières tarifaires et non tarifaires, ainsi que la protection des appellations d’origine.

Des incertitudes

Outre les incertitudes liées au contexte géopolitique et à la fluctuation des monnaies, c’est la très faible récolte 2017 qui inquiète les exportateurs. « On est tous impatients de revoir des volumes arriver en 2018 », résume Antoine Leccia. Le Brexit pourrait aussi avoir un impact négatif sur la filière, étant donné l’importance du débouché britannique. Dans le Bordelais, on tient cependant à relativiser : « cela fait 800 ans qu'on vend du « claret » (vin de Bordeaux, NDLR) en Angleterre et seulement 40 ans qu'ils sont dans l'UE », souligne Georges Haushalter. « L'inquiétude porte surtout sur les vins à moins de 10 euros, car la baisse de la livre pourrait affaiblir les volumes » complète Antoine Leccia.

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Commentaires 2

LE GOULOT

un petit problème entre les millions et les milliards,ce n'est qu'une histoire de zéros

Jean

Comme quoi les marchés locaux ne sont pas une réponse universelle...
Quand le leader de la Conf' dit avoir honte que son lait soit exporté en Chine , qu'il se rassure: si nous renonçons , d'autres seront ravis de prendre notre place sur un marché de plus d'un milliard de consommateurs.
Ca vaut aussi pour les décideurs politiques incapables de diminuer nos déficits commerciaux.

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