« Votre muscadet est un vin inimitable »

Guillaume de Werbier

Plusieurs actions visant à dynamiser la filière muscadet ont été présentées aux viticulteurs.
Plusieurs actions visant à dynamiser la filière muscadet ont été présentées aux viticulteurs.

« Être fiers de nos appellations ». L’expression est souvent revenue dans la bouche des intervenants pendant l’assemblée générale du Sdaoc muscadet et de l’UPGPPN. Comme une exhortation pour assurer des jours meilleurs au muscadet.

«On a des atouts, que nous-mêmes nous ignorons. D’autres régions viticoles sont plus fières de notre vignoble que nous le sommes des nos propres vins », regrettait Joël Forgeau, mardi dernier, salle des Nouelles, au Landreau. C’est la raison pour laquelle, le président du Sdaoc muscadet, avec Interloire, la chambre d’agriculture, en partenariat avec les services de l’État et les collectivités locales, ont multiplié dernièrement des événements d’envergure pour que le muscadet retrouve sa notoriété aux yeux du public de la région nantaise.

En même temps, la situation est loin d’être désespérée. Parmi les meilleures ventes cette année à la Maison des vins de Loire, à Nantes, figurent un Sèvre et Maine 2004 à 6,90 €, un cru communal Clisson 2005 à 12,70 €, un Sèvre et Maine sur lie 1995 à 10 €, un muscadet AC à 3,80 € ou encore un Sèvre et Maine sur lie 2010 à 4,75 €. Moyenne du prix d’achat : 7,63 € ! « Mes meilleures ventes, ce ne sont pas nécessairement mes premiers prix », constate Solène Franquet, en charge de la boutique. Tous les espoirs sont permis.
Pour autant du chemin reste à parcourir pour chasser les vieux a priori du « vin acide », « qui ne se garde pas » que serait le muscadet. Invité de l’assemblée générale, Jean-Marie Bourgeois, vigneron négociant de Sancerre, sur la commune de Chavignol, se fait l’avocat du muscadet. « Pour moi, votre muscadet est un vin inimitable, avec ses propres spécificités, jamais reproduites dans le monde, son perlant iodé, qui s’accommodent parfaitement avec les fruits de mer. Le muscadet n’est pas un concurrent du sancerre, mais un produit complémentaire. » Et le viticulteur de déplorer que dans les restaurants de Nantes et sa région, les vins blancs mis en avant soient des sancerre, ou des pouilly fumé. « Il est aussi dommage que le muscadet ait disparu des caves, brasseries, et restaurants parisiens. Il faut concentrer vos efforts sur la promotion de vos produits à Paris. Reconquérir ce marché est impératif. C’est la meilleure des publicités pour notamment se faire connaître à l’étranger. »

La communication n’est pas le seul biais développé par les différents acteurs de la filière viticole nantaise pour une plus forte valorisation des vins et redresser la rentabilité des entreprises. Figurent aussi parmi les autres axes de travail prioritaires, une segmentation plus lisible des muscadet, et donc des prix, avec des vins différenciés, de l’entrée de gamme aux crus communaux. Un dossier plus particulièrement suivi par le Sdaoc.
Dans le cadre de son programme pour le repositionnement du muscadet, la chambre d’agriculture, comme l’a rappelé Sylvaine Bidet, chargée de mission Viticulture, a élaboré un plan de professionnalisation de la vente directe. La chambre d’agriculture accompagne les viticulteurs pour mettre en place cette stratégie commerciale pour toucher de nouveaux clients et pénétrer des marchés supplémentaires.
« Croyez en votre avenir. C’est vous qui redonnerez ses lettres de noblesse au muscadet ! », lance optimiste Jean-Marie Bourgeois.

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