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Des symptômes d’Esca-Black Dead Arm  et de flavescence dorée présents  simultanément sur un même rameau.  Exemple sur cabernet franc, en Gironde en 2010. © D. Vergnes

Chaque pied portant des symptômes de flavescence dorée est contaminant, et doit être arraché. © D. Vergnes

30/01/12
Viticulture

Flavescence dorée : la vigilance se relâche

Depuis trois ans, la progression de la flavescence dorée s’est accélérée dans les principales régions concernées. Un début de prise de conscience et d’implication de la part des viticulteurs semblent s’opérer, mais elles restent insuffisantes.

“Les premières remontées des prospections de la campagne 2011 nous préoccupent ”, s’inquiète Jacques Grosman, expert-référent national filière vigne de la DGAL (Direction générale de l’alimentation). On assiste à une progression de la maladie dans les vignobles déjà touchés, et ce, malgré les mesures mises en place. ” Cette progression peut avoir lieu dans de nouvelles communes, jusqu’alors préservées, mais aussi à l’intérieur même des périmètres de lutte existants, appelés “ PLO ”, où la maladie était stabilisée ou en voie d’extinction. “ Il n’est pas rare, cette année, de voir réapparaître de nouveaux foyers. Malgré les contrôles, les traitements insecticides ne sont pas forcément appliqués ou les ceps malades pas systématiquement arrachés. Il y a donc un risque de reprise de la maladie. ”

Un foyer de 9 hectares et 3000 pieds à arracher

En Monbazillac (Dordogne), la profession a découvert cette année un foyer important, de 9 hectares et 3 000 pieds à arracher, dans un secteur proche d’une ancienne zone contaminée… “ La recrudescence de la maladie s’explique sans doute par un relâchement dans les traitements insecticides obligatoires ”, confirme Dominique Vergnes, de la Fédération régionale de lutte contre les organismes nuisibles (Fredon) Aquitaine, particulièrement concernée par cette maladie. “ Le relâchement de la lutte ne doit pas être confondu avec un aménagement de la lutte, rappelle Jacques Grosman. Celui-ci est décidé collectivement lors des commissions départementales, sur la base de l’engagement des viticulteurs. L’aménagement de la lutte aboutit souvent à une amélioration de la situation. Cela montre que la lutte obligatoire peut être compatible avec Ecophyto 2018. ” Dans des secteurs où la conjoncture est difficile, certains viticulteurs ne traitent plus pour des raisons économiques.
Autre constat dressé par les agents des Fredon ou des groupements de défense (GDON) : le problème des “ non-déclarations ” des pieds atteints, avec encore une fois comme conséquence la découverte tardive de “ gros ” foyers lors de leurs prospections. “ C’est ce que j’appelle ‘les déclarations à retardement ”, déplore Dominique Vergnes. En juillet dernier par exemple, à Gornac, dans l’Entre-deux-mers, un gros foyer a été découvert fortuitement. Environ six hectares sont à arracher ! Dans des cas comme celui-là, on s’étonne de ne pas être appelés plus tôt… ” De même, un simple arrachage en cas de doute, sans déclaration dans la foulée, ne suffit pas, rappelle Jacques Grosman.
Ces “ non-déclarations ”, ou ces déclarations trop tardives, s’expliquent aussi par la peur du “ qu’en dira-t-on ” : “ Parfois, ils ne le disent pas car ils en ont honte, confirme Agnès Normandin, de la Fredon Cognac. Pour eux, être atteint signifie que l’on n’a pas su gérer son vignoble. Ce sont donc les techniciens qui les déclarent à leur place… Mais cette maladie peut tomber sur n’importe qui. Elle ne doit plus être un sujet tabou, au contraire. Pour que l’on réussisse, la lutte doit être collective. ” Collective, car il suffit de quelques individus sur un vignoble n’appliquant pas les mesures pour que les autres soient, à leur tour, contaminés. “ Cette lutte est d’autant plus compliquée que la maladie est insidieuse ”, ajoute Frédéric Joseph, chargé du dossier à la chambre d’agriculture de Charente. L’expression des symptômes a en effet lieu au minimum un an après l’année de contamination, voire après 4 ou 5 ans. Elle a, de plus, une dynamique rapide de propagation, “ ce qui explique que l’on court en permanence derrière la maladie ”.
Nombreux sont les viticulteurs qui n’en reconnaissent pas les symptômes, ce qui est aussi plus souvent le cas hors PLO. “ Peut-être qu’ils les confondent avec ceux des maladies du bois, l’Esca-BDA notamment, ou ceux liés aux carences ? ”, s’interroge Dominique Vergnes.
Enfin, un autre point d’amélioration concerne la prospection des pieds contaminés, qui doit être plus rigoureuse et annuelle par les viticulteurs eux-mêmes. “ La prospection ne rentre pas encore dans le calendrier du viticulteur, constate Agnès Normandin. On doit faire entrer cette pratique dans leurs habitudes. ” Si celle-ci n’est pas réalisée dans les temps, les pieds atteints ne sont ensuite plus visibles et une fois la taille passée, il est trop tard.
De l’avis de tous, les vignerons ne sont donc pas suffisamment vigilants vis-à-vis de la flavescence dorée : “ Certains ne se rendent pas compte que la situation est grave, résume Sophie Bentejac, du GDON des Bordeaux, le dernier en date créé en Gironde. Ils pensent que c’est un problème lointain, alors que cette année, il y en a partout ! Chaque pied portant les symptômes est contaminant, et doit être arraché. Les viticulteurs girondins ont la volonté de prendre les choses en main, via les syndicats viticoles, dont un grand nombre ont adhéré à un GDON. La quasi-totalité du département est couverte ”, tempère l’animatrice.

Le travail de sensibilisation reste à poursuivre

La prise de conscience semble tout de même s’opérer plus ou moins rapidement selon les secteurs et les niveaux d’interlocuteurs : “ J’avoue avoir du mal à faire passer l’information, notamment auprès des syndicats, qui ne jouent pas toujours le jeu de transmettre l’information, en partie parce que l’on a peu de flavescence, raconte Christian Lassort. Or, c’est au contraire là qu’on devrait intervenir, pour éviter qu’elle ne se développe. ” Le travail de sensibilisation reste à poursuivre : “ Tout le monde doit s’intéresser au problème, c’est de la responsabilité de tous, organisations de producteurs, viticulteurs, vignerons, vigneronnes, techniciens, coopératives... ”, tient à rappeler Frédéric Joseph, en charge du dossier à la chambre d’agriculture de Charente.  

Juliette Prioux - Réussir Vigne Janvier 2012
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