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La recherche viticole face à la réduction des intrants

Le consommateur demande un produit issu de pratiques viticoles respectueuses de l’environnement. Demande à laquelle la recherche agronomique tente de répondre. © J.-C. Gutner

Réussir Vigne

25/01/13
Viticulture

La recherche viticole face à la réduction des intrants

Lors du congrès Mondiaviti qui s’est tenu le 28 novembre à Bordeaux, l’Institut français de la vigne et du vin a fait le point sur les recherches en cours pour concevoir des modèles d’exploitation intégrant une réduction des intrants.

Baisser les intrants, c’est le pari que s’est donné Ecophyto 2018. Et même si ses objectifs chiffrés sont largement remis en cause aujourd’hui, la volonté politique est toujours de limiter le recours aux phytosanitaires. La recherche viticole se mobilise face à ce challenge. Mais ce n’est pas une mince affaire et les solutions restent encore à trouver, notamment en imaginant de nouveaux systèmes d’exploitation. Ces derniers viennent d’être définis dans le cadre d’Ecoviti en 2012 et testés pour la première fois dans tous les vignobles français. Il faudra encore quelques années pour que les chercheurs puissent tirer de véritables conclusions. Du coup, pour l’instant, la recherche appliquée n’a que peu de résultats concrets. Le seul outil récent mis au point par l’IFV à disposition est Web Alerte Vigne, un outil déjà disponible depuis un an. Il s’agit d’une plateforme communautaire accessible via smartphone permettant de partager des données sanitaires : un “ coyote ” des bio-agresseurs, en quelque sorte. Reste que l’outil souffre d’un intérêt limité de la part des viticulteurs qui sont rares à renseigner la base de données.

Définir un programme de traitement pour les variétés résistantes

Autre solution concrète : l’arrivée des variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium. L’inscription des premières générations est attendue en 2016. Deux vagues de génération devrait intervenir ensuite. Ces variétés ne vont pas s’en poser quelques questions concernant leur culture. Certains bio-agresseurs sont en effet maîtrisés par les traitements anti-mildiou, notamment le black-rot. “ Les deuxièmes et troisièmes générations de variétés résistantes sont sélectionnées pour présenter des caractères de résistance à cette maladie ”, précise Laurent Delière, chercheur à l’Inra de Bordeaux. Par ailleurs, la recherche s’interroge sur ce que vont devenir les populations de champignons du mildiou et de l’oïdium quand elles seront confrontées à des vignes résistantes. “ Nous savons que le mildiou est capable de réaliser son cycle de développement sur une variété résistante ”, indique Laurent Delière.
Y aura-t-il un contournement des résistances ? Au laboratoire, les chercheurs ont observé que des champignons de mildiou devenaient plus agressifs vis-à-vis des variétés résistantes. “ Nous aurons donc besoin de mettre en place une surveillance des populations sur les vignobles plantés en vignes résistantes et de traiter les vignes ”, insiste Laurent Delière. Du coup, les chercheurs vont essayer de définir quels sont les programmes de traitements adaptés aux variétés résistantes. Trois pistes sont envisagées. D’abord traiter avec des produits phytosanitaires classiques. Reste à définir quand traiter et à quelle dose ? Autre piste envisagée : mettre en œuvre des opérations en vert qui limitent la sensibilité de la plante. Enfin, la lutte biologique avec des produits tels que des stimulateurs de défenses naturelles, des méthodes de diminution ou d’élimination de l’inoculum. La recherche n’a pas par ailleurs étudié l’aspect de la co-existence des variétés résistantes avec les variétés sensibles. Quel impact cette co-existence aura-t-elle notamment sur la virulence du champignon ?

Plan de traitement optimisé

De son côté Marc Raynal, de l’IFV, cherche encore et toujours à améliorer la performance de la pulvérisation. Son objectif est d’aller plus loin que ce que propose le programme Optidose dans l’adaptation de la dose de produit à la pression phytosanitaire en intégrant la variabilité intra parcellaire. Et son rêve un peu fou serait d’aboutir à la conception d’un pulvérisateur intelligent capable de traiter des données météorologiques, sanitaires, de biomasse et de caractéristiques pédologiques (réserve utile, drainage et texture) pour adapter la dose de produit pulvérisé sur le feuillage. L’enjeu pour la réduction des volumes d’intrants utilisés est crucial. Dans une parcelle de vigne, l’analyse de l’intensité d’attaques sur témoins non traités est de 65 %. Mais, sur cette parcelle, dans une zone de faible vigueur, l’intensité d’attaques est de 10 %, quand elle est de 85 % en zone de forte vigueur. On mesure ainsi le gain en terme de réduction de traitement qu’il serait possible de réaliser. Mais également ce que pourrait apporter une étude plus fine de la vigueur. “ On a pas exploité assez le paramètre vigueur ”, estime Marc Raynal.

Miser sur l’agroforesterie

Smartphone, variétés résistantes, plan de traitement optimisé, pulvérisateur intelligents sont quelques-uns des outils que les vignerons pourront peut-être utiliser à plus ou moins long terme pour diminuer leurs intrants. Mais les chercheurs, en imaginant leurs prototypes de systèmes culturaux, comptent bien aller plus loin. On se permettrait presque de dire qu’ils préparent un changement de paradigme de l’exploitation viticole. “ Il faut créer un nouveau point de vue sur la production viticole ”, assure Jacques Wery, chercheur à l’UMR System de Montpellier Sup Agro qui estime que les solutions se trouvent certainement déjà dans les exploitations. “ Reste à les identifier ”, indique-t-il. La production viticole ne doit plus être uniquement une production de raisin en vue de produire du vin. “ L’un des postulats forts de la recherche à l’heure actuelle est que si l’on reste sur des modèles de production mono-spécifique, on sera piégé. Il faut passer à un système pluri-spécifique intégrant l’herbe et les arbres ”, poursuit le chercheur. Des expérimentations sont menées pour étudier comment la vigne peut être intégrée dans des systèmes d’agro-foresterie. Le lycée agricole d’Amboise devrait pour sa part tester la production fruitière dans une parcelle de vigne. Demain sera-t-on viti-arboriculteur ?

Marion Ivaldi - Réussir Vigne Janvier 2013
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