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Vendredi 17/04/2026
Afdi : s’adapter à l’urgence sans renoncer au développement
Afdi Pays de la Loire a tenu ce vendredi 17 avril son assemblée générale. Le point avec Marietta Barteau, présidente d’Afdi Pays de la Loire.
Malgré un contexte sécuritaire très dégradé en Afrique, Afdi Pays de la Loire poursuit ses actions. Entre aide d’urgence et maintien des projets agricoles, l’association réaffirme son engagement en faveur de la sécurité alimentaire, au cœur de son assemblée générale.
Quel regard portez-vous sur l’année écoulée ?
Ce qu’on retient surtout, c’est que la situation s’est fortement compliquée en Afrique et engendre beaucoup d’insécurité. Cela freine les échanges comme on les connaissait, avec beaucoup moins de voyages d’étude ou de visites. Mais cela ne nous empêche pas d’agir : il faut s’adapter.
Nos partenaires, au Congo et au Burkina Faso, mettent en place des actions pour faire face. On reste sur des objectifs de développement – formation, conseil, accès aux intrants – mais on doit aussi répondre à des situations d’urgence, notamment en matière de sécurité alimentaire.
Concrètement, comment cela se traduit-il sur le terrain ?
Au Congo, nous avons lancé un appel de fonds d’urgence qui a permis, par exemple, de distribuer du petit bétail, comme des chèvres ou des cobayes. Cela permet aux familles d’avoir une source de protéines tout en limitant les risques de vol.
Il y a aussi des distributions de semences, et au Burkina, des terres ont été réservées pour les populations déplacées. L’idée est de leur permettre de retrouver une activité agricole à leur retour. On est davantage dans une logique de survie et d’autosuffisance que dans des projets de développement classiques.
Dans ce contexte difficile, percevez-vous malgré tout des signes positifs ?
Oui, malgré tout. Nos partenaires continuent d’avancer. Ils nous disent souvent que le simple fait d’être en vie est déjà une victoire. Ils gardent espoir, notamment parce qu’ils savent qu’ils sont soutenus.
On voit aussi des initiatives locales se maintenir : des potagers près des habitations, des formations qui continuent malgré tout. Ce sont ces actions qui permettent de tenir. Le fait qu’il y ait des structures sur place est essentiel : cela donne un cadre et un point d’appui aux populations.
Le besoin de soutien reste-t-il important ?
Oui, toujours. Nous avons la chance d’être soutenus par les organisations professionnelles agricoles, ce qui est précieux. L’objectif reste de permettre aux populations de rester sur place, de continuer à produire et de ne pas casser la dynamique agricole.
Cette année, nous avons pu collecter plus de 23 000 euros pour le Congo, ce qui nous permet de poursuivre nos actions.
Votre assemblée générale mettra l’accent sur l’eau. Pourquoi ce choix ?
Parce que c’est un enjeu central, notamment avec notre partenariat en Tunisie, où il tombe entre 80 et 100 mm de pluie par an. La question de l’eau est cruciale pour produire et sécuriser l’alimentation.
Mais c’est aussi un sujet qui nous concerne ici. On veut montrer que, partout, la gestion de l’eau est un levier essentiel de sécurité alimentaire. Sans un minimum de sécurité sur les rendements, il est impossible de se projeter ou d’investir.
L’objectif est de rappeler que des solutions existent – stockage, innovation, adaptation – et qu’il faut pouvoir en débattre sereinement, en dépassant certaines idées reçues.
Quels sont vos autres objectifs pour l’année à venir ?
Maintenir les échanges, même s’ils sont plus compliqués, et continuer à sensibiliser. Nous restons disponibles pour intervenir dans les établissements agricoles ou auprès des organisations.
Et surtout, continuer à mobiliser autour de nos actions. Le soutien des partenaires est essentiel pour poursuivre ces projets qui, malgré le contexte, tiennent et apportent des réponses concrètes sur le terrain.