Drôme : 3 hectares de vergers couverts de persiennes solaires mobiles

Le programme d’expérimentation d’agrivoltaïsme suivi par la Sefra qui démarre pour au moins cinq ans vise à évaluer l’efficacité de persiennes solaires mobiles sur pêchers, abricotiers ou cerisiers.

Près de 3 ha viennent d’être couverts par des persiennes mobiles sur le site de la Sefra à Etoile-sur-Rhône. Différentes variétés d’abricot, pêche et cerise vont y être plantées en 2022. « L’objectif est d’avoir un large panel de variétés qui présentent des comportements différents par rapport aux besoins en froid, à la chaleur, à l’ensoleillement, précise Sophie Stévenin, directrice de la Sefra. Nous testerons également différentes formes : en volume (gobelet, double Y en pêchers) mais aussi plates (axe ou palmette) qui permettront de densifier le verger. »

Les poteaux métalliques, supports des persiennes, seront utilisés pour le palissage des arbres et pour l’accrochage des filets para-grêle. Ainsi, la Chambre d’agriculture de la Drôme et la station d’expérimentation fruits d’Auvergne-Rhône-Alpes (Sefra) ont choisi de s’associer à la société Sun’Agri pour conduire une expérimentation « grandeur nature » de verger agrivoltaïque. Juste à côté de ce verger, une parcelle témoin d’un hectare, avec poteaux bois pour le palissage et les filets para-grêle, sera également implantée.

Acquérir un maximum de références

Toutefois le suivi expérimental démarre dès 2022. Il portera sur 3 700 m² de pêchers (6e feuille), conduits en gobelet, qui étaient déjà en place sur la parcelle. La moitié de cette surface a été recouverte de persiennes, l’autre moitié servira de témoin. « L’intérêt de travailler sur ces pêchers, que nous suivons déjà depuis plusieurs années, est que nous disposerons rapidement de résultats », souligne Sophie Stévenin. De son côté, la société Sun’Agri compte sur cette micro-parcelle pour acquérir les données agronomiques nécessaires à la construction des modèles de croissance qui permettent le pilotage des persiennes sur verger de pêchers. Les jeunes plantations feront également l’objet d’un suivi très précis de la Sefra pour mesurer les effets de l’installation agrivoltaïque sur leur croissance, mais aussi l’impact du tassement du sol lié aux travaux.

« Ces données font également partie des questionnements à prendre en compte pour un producteur qui souhaite implanter un verger dans le cadre d’un projet agrivoltaïque », insiste Sophie Stévenin. Ce verger « démonstrateur » a été dimensionné pour correspondre à une situation réaliste, c’est-à-dire que l’investissement soit économiquement rentable en termes de production d’électricité. Ce projet en conditions réelles va donc permettre d’acquérir un maximum de références. La question de l’utilisation de moyens de lutte antigel sous ce type d’installation se posera également. « C’est un sujet que nous devrons expérimenter avec la Sefra », confirme Alexandre Cartier, responsable du projet chez Sun’Agri. Pourquoi pas via la pose de câbles chauffants électriques ?