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Lundi 06/07/2026

Maïs : Des situations hétérogènes et beaucoup d'incertitudes

Publié par Agri85

Stress hydrique, températures élevées et pluies très hétérogènes : les maïs ont subi un début d'été sous tension. Pour Silvère Gélineau, ingénieur agronomie et productions fourragères chez Arvalis, les prochaines semaines seront décisives.

Le coup de chaud de ces derniers jours n'a pas été sans conséquence sur les maïs. " Ce que l'on sait aujourd'hui, c'est qu'on a du stress hydrique important sur les maïs , résume Silvère Gélineau, ingénieur agronomie et productions fourragères chez Arvalis. Le coup de chaud a certainement impacté le potentiel. Mais cela ne veut pas dire que tout est joué. Tout dépendra maintenant de ce qui arrivera dans les semaines à venir. "

Pour les parcelles non irriguées, les marges de manœuvre restent limitées." Quand la parcelle est implantée et qu'il n'y a pas d'irrigation, il n'y a pas grand-chose à faire pour maximiser le potentiel. "

Dans les exploitations disposant d'eau, la question devient celle de la priorisation : toutes les surfaces ne pourront pas forcément être accompagnées.

Le raisonnement devra alors intégrer plusieurs critères : nombre de pieds présents, historique de la parcelle, impact éventuel des attaques de géomyzes sur les semis et capacité réelle du maïs à répondre à l'apport d'eau.

Trop tôt pour décider d'un ensilage précoce

Face aux premiers maïs marqués par le stress, certains agriculteurs s'interrogent déjà sur une récolte anticipée. Pour Arvalis, il est encore trop tôt pour généraliser ce type de décision. " Aujourd'hui, on ne peut pas dire qu'il faut ensiler. Il faut aller voir les parcelles et établir un diagnostic. "

L'institut rappelle qu'un maïs stressé ne se juge pas uniquement à la couleur du feuillage. Le diagnostic doit se faire au cœur des parcelles et prendre en compte plusieurs indicateurs : stade des plantes, état de l'appareil végétatif, potentiel d'évolution et, après floraison, niveau de fécondation et nombre de grains.

Avant floraison, tant que des feuilles vertes restent fonctionnelles, la culture conserve encore une capacité de reprise en cas de retour des pluies.

Les maïs les plus tardifs concentrent les inquiétudes

Les situations les plus préoccupantes concernent aujourd'hui certains maïs semés plus tardivement. Dans l'Ouest notamment, des attaques de géomyzes ont parfois conduit à des ressemis. Résultat : des maïs plus jeunes, moins développés et avec un système racinaire limité. " On a des petits maïs qui exploitent uniquement la surface du sol. Sans eau, ces situations peuvent devenir très compromises rapidement. " Dans ces cas extrêmes, l'ensilage n'est pas toujours la meilleure option.

Si la culture est perdue, plusieurs pistes restent envisageables pour produire malgré tout du fourrage : colza fourrager, associations avec ray-grass italien ou sorgho multicoupe. Mais là encore, tout dépendra du retour — ou non — des pluies. " Ces cultures peuvent fonctionner mais elles auront elles aussi besoin d'eau pour s'exprimer. "

Les prochains jours seront déterminants

Pour l'instant, Arvalis appelle surtout à garder de la mesure. " Ce n'est pas catastrophique aujourd'hui. C'est inquiétant parce que les prévisions ne vont pas dans le bon sens, mais cela ne veut pas dire que c'est perdu. " Les prochains jours seront déterminants pour mesurer la capacité des maïs à poursuivre leur cycle et, dans certains secteurs, leur capacité même à atteindre la floraison.