Recensement agricole : 5 grandes tendances pour les fermes françaises entre 2010 et 2020

Le recensement agricole a dévoilé ses premiers chiffres, confirmant la baisse du nombre d’exploitations et la hausse de la surface moyenne. Dans ce contexte, les fermes en grandes cultures tiennent plutôt bon.

 

1) La baisse du nombre d’exploitations ralentit (un peu)

Ce n’est pas une surprise : le nombre d’exploitations a continué de baisser en France entre 2010 et 2020, comme en attestent les chiffres provisoires du recensement agricole. Elles sont désormais 389 000, l’Hexagone ayant perdu environ 100 000 fermes en 10 ans. Maigre consolation, le rythme s’est ralenti par rapport aux deux précédentes décennies : - 21 % entre 2010 et 2020, contre - 26 % entre 2000 et 2010, et - 35 % entre 1988 et 2000.

2) Les exploitations végétales gagnent du terrain

En 2020, on comptait un peu plus de 200 000 exploitations à spécialisation végétale, en hausse de 7 %, contre 145 000 fermes à spécialisation animale (- 5 %) et 40 500 mixtes. Les exploitations en grandes cultures tiennent bon : elles sont évaluées à 112 000 par le recensement, soit 3 000 de moins qu’en 2010. Elles représentent donc près du tiers des fermes françaises.

3) La taille des fermes augmente

D’après le recensement agricole, la taille moyenne des exploitations françaises est passée de 55 hectares en 2010 à 69 hectares en 2020, soit un agrandissement de 25 %. C’est une hausse moins marquée qu’entre 2000 et 2010 (+ 31 %) et entre 1988 et 2000 (+ 49 %). Selon les Comptes de l’agriculture (dont la méthodologie diffère du recensement), les fermes spécialisées en céréales et oléoprotéagineux exploitaient en moyenne 129 hectares en 2020, dont 111 ha en fermage.

4) Moins de chef.fe.s d’exploitation

De 604 000, le nombre de chefs d’exploitation, coexploitants et associés actifs a fondu à 496 000, soit une diminution de 18 %. Cette population continue de vieillir, puisqu’un quart d’entre eux avait plus de 60 ans en 2020, contre 20 % en 2010. Et 26,2 % sont des femmes, soit une quasi-stabilité par rapport à 2010 (26,7 %). La féminisation des fermes semble donc marquer le pas.

5) Main-d’œuvre moins familiale

Les chefs d’exploitations constituent toujours la majorité des troupes agricoles : environ 60 % des 659 000 équivalents temps plein (ETP) en 2020. C’était la même proportion il y a dix ans, mais sur 740 000 ETP. En revanche, les membres de la famille travaillant de façon permanente ont nettement reculé, passant de 12 % en 2010 à 8 % en 2020. Ils sont remplacés par des salariés permanents non familiaux (qui passent de 17 % à 21 %).