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A l’assaut des terres arables : un enjeu planétaire

PARIS Le réseau CERFRANCE

A l’assaut des terres arables : un enjeu planétaire

Le foncier est devenu un enjeu stratégique à l’échelle planétaire. Depuis la nuit des temps, les conflits ont trouvé leurs origines dans le contrôle et l’accaparement des terres les plus fertiles. Mais la prise en compte de la rareté des terres cultivables est plus récente. Extension des villes et bétonisation des terres, augmentation de la population mondiale, accès à l’eau…

Tour d’horizon des facteurs géopolitiques de cette lutte pour le foncier.

Premier facteur de rareté : l’extension des villes

La diminution des terres fertiles s’est réalisée au cours du temps par l’extension des villes. Ces villes ont été localisées par les premières tribus sédentaires au bord des rivières, dans des terrains à fort potentiel agronomique. De ce fait, à la périphérie

des premières villes, se sont développées des activités de productions agricoles, notamment maraîchères, destinées à approvisionner les zones urbaines. À partir des années 1950 en France et en Europe, l’expansion urbaine et les infrastructures ont grignoté rapidement ces terres agricoles fertiles. C’est le début de l’artificialisation des terres agricoles et de la bétonisation des espaces.

Facteur aggravant : l’augmentation de la population mondiale

L’augmentation de la population mondiale, notamment en Afrique, Inde ou Chine, accentue ce phénomène avec des extensions souvent anarchiques et des conséquences majeures sur le déplacement des populations et la diminution du potentiel de production (surtout en Afrique). Le besoin pour certains pays de garantir leur sécurité alimentaire en devenant propriétaires de terres arables alimente la pression financière Le cas le plus marquant est celui de la Chine avec des acquisitions

en Afrique, en Indonésie et même en France. Au total, la Chine exploiterait plus de 10 millions d’hectares de terres arables hors de son territoire ! Ajoutons aussi les effets du développement des réseaux de transports et des activités industrielles qui contribuent à la diminution des espaces agraires. On peut citer deux conséquences majeures de ce grignotage intensif :

1) La déforestation, notamment au Brésil ou en Indonésie, afin d’augmenter le potentiel de surfaces cultivables. La rareté et la convoitise des pays acheteurs engendrent une inflation sur les prix des terres en local en excluant du système productif nombre de petits agriculteurs qui vont rejoindre des centres urbains déjà bondés. Ce phénomène très visible en Afrique, en Inde ou en Chine accentue l’expansion et la raréfaction de sols, c’est le chat qui se mord la queue !

2) L’accès à l’eau devient une autre source de conflit, très lié au foncier agricole. Les terres arables sont d’autant plus convoitées que la ressource en eau est disponible. Le réchauffement climatique va peser sur le besoin en eau pour les cultures dans des régions déjà sous dotées en ressources. 

Le réchauffement climatique : une opportunité ?

Cependant, le même réchauffement climatique offre aussi des opportunités pour utiliser des terres dans les régions froides de la planète. Le potentiel en Russie, notamment, est significatif. On parle de 200 millions d’hectares potentiellement cultivables qui vont limiter une partie du grignotage urbain. On aura compris que, derrière nos champs de blé et nos vertes prairies, se joue un combat à l’échelle planétaire qui doit tous (agriculteur et citoyens) nous interroger.

Article Cerfrance - Gérer pour Gagner n° 52/2018 - Jacques Mathé Economiste

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