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"Armistice" entre agriculteurs et autorités sur le lac de Caussade

AFP

"Armistice" entre agriculteurs et autorités sur le lac de Caussade
La retenue d'eau est située sur le commune de Pinel-Hauterive dans le Lot-et-Garonne (Google Maps)

Les agriculteurs du Lot-et-Garonne ont trouvé un terrain d'entente avec les autorités à propos du conflit portant sur le lac de Caussade, une retenue d'eau qu'ils ont illégalement creusée pour l'irrigation, a-t-on appris le 5 juin auprès des deux parties.

"C'est un armistice", a déclaré à l'AFP Serge Bousquet-Cassagne, président de la Chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne, qui a accepté d'arrêter la mise en eau du lac et de présenter une nouvelle demande d'autorisation de creusement à la préfecture. Cette nouvelle demande, qui devrait prendre quelque six mois, présentera des arguments mieux étayés sur plusieurs "points de faiblesse", principalement écologiques, que comportait le dossier initial, a expliqué M. Bousquet-Cassagne.

Cet "armistice" fait suite à une réunion le 5 juin à Bordeaux qui a rassemblé les représentants des agriculteurs et des autorités autour de la nouvelle préfète de Nouvelle-Aquitaine Fabienne Buccio. Dans un communiqué, la préfecture a annoncé que l'Etat avait "proposé plusieurs orientations", dont "la réalisation d'une étude de sécurité de l'ouvrage existant", celle "d'une nouvelle étude d'impact environnemental comportant des compléments à l'étude initiale, notamment sur le volet hydrologique" ainsi que la "mise en oeuvre d'une concertation".

Cette retenue de 920.000 m3 sur 20 hectares, quasi achevée, doit permettre, selon ses promoteurs, l'irrigation des 350 ha d'une vingtaine d'exploitations agricoles en régulant le débit du Tolzac, un affluent de la Garonne. Elle est dénoncée notamment par France Nature Environnement.

La justice administrative avait constaté fin mars l'illégalité des travaux, confirmant un arrêté préfectoral d'octobre qui avait abrogé un arrêté de juin autorisant le projet. Les agriculteurs étaient passés outre et avaient entamé les travaux en novembre. Recevant en février partisans et opposants du lac, le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy avait plaidé pour une "solution alternative".

Cela n'avait pas empêché la préfète du Lot-et-Garonne, Béatrice Lagarde, de signer le mois dernier un arrêté exigeant la cessation des travaux et de la mise en eaux ainsi que la destruction de l'ouvrage et la remise en l'état du site, situé près de Villeneuve-sur-Lot. "Nous serons là au pied du lac pour le défendre, ce territoire a été sacralisé", avait répliqué M. Bousquet-Cassagne.

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