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Arrêté anti-pesticides : le maire de Langouët reçoit des soutiens avant sa comparution au tribunal

RL avec AFP

Arrêté anti-pesticides : le maire de Langouët reçoit des soutiens avant sa comparution au tribunal

Des manifestants ainsi que plusieurs personnalités ont apporté leur soutien à Daniel Cueff, maire de Langouët (35), convoqué jeudi 22 août au tribunal administratif de Rennes pour avoir pris, le 18 mai dernier, un arrêté interdisant l’usage des pesticides à moins de 150 m des habitations et locaux professionnels.

Une centaine de personnes se sont rassemblées samedi à Rennes devant la préfecture de Bretagne pour soutenir le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), convoqué devant la justice pour un arrêté interdisant l'utilisation des pesticides près des habitations.   "Madame la préfète, laissez nos maires nous protéger", "Pesticides, riverains, agriculteurs, tous victimes", "Stop pesticides, nous voulons des coquelicots", pouvait-on lire sur des banderoles. Les participants répondaient à l'appel du collectif "Nous voulons des coquelicots" de Langouët, village de 602 habitants situé à 20 km au nord de Rennes.

Soutiens politiques

Le maire de Langouët a reçu de nombreux soutiens de la part de personnalités politiques, dont Yannick Jadot, député européen EELV.

Corine Lepage, avocate et ancienne ministre de l’environnement a également réagi.

L’ancien député écologiste Noël Mamère a quant à lui publié une vidéo.

Un village avant-gardiste

Maire écologiste mais non encarté de Langoüet depuis 1999, Daniel Cueff est un pratiquant actif de la transition écologique. Dès 1999, il bannissait l’usage des produits phytosanitaires sur les espaces communaux, une interdiction qui vaudra pour toutes les collectivités le 1er janvier 2017. En 2003, la cantine scolaire passait au bio. La commune héberge un centre de ressources et de formation à la permaculture, une pratique qu’elle impulse dans les jardins potagers.

Le village vise l’autonomie énergétique d’ici à 2030, notamment grâce au photovoltaïsme développé sur les bâtiments publics et intégrés dans des éco-lotissements, au côté de poêles à granules. La récupération des eaux de pluie et le recours à des matériaux bio-sourcés sont aussi plébiscités.

Dernière action en date : la signature, le 18 mai dernier, d’un un arrêté municipal interdisant l’usage de produits phytosanitaires à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d’habitation ou professionnel. Cet arrêté vaut à Daniel Cueff d’être convoqué au tribunal administratif de Rennes à la demande de la préfecture, qui souhaite l’annulation de son arrêté.

ZNT "riverains"

L’arrêté du maire de Langouët fait directement échos au projet du gouvernement d’instaurer des Zones non traitées dites "riverains". Actuellement, des ZNT s’appliquent seulement aux points d’eau, conformément à l’arrêté du 4 mai 2017 relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants.

Le 26 juin dernier, le Conseil d’Etat a estimé que plusieurs dispositions de ce même arrêté s’avéraient insuffisamment protectrices vis-à-vis des riverains. Le projet d’arrêté ZNT « riverains » fait actuellement l’objet d’une consultation publique mais les distances évoquées, comprises entre 3 et 5 m en cultures basses et entre 5 m et 10 m pour les cultures hautes selon la présence ou non de dispositifs anti-dérive, sont sans commune mesure avec les 150 m stipulés dans l’arrêté municipal de Langouët.

L’arrêté de Langouët a aussi fait régir un agriculteur du Maine-et-Loire, en la personne d’Arnaud Grosbois, qui distribue par ailleurs des matériels de préparation et de semis innovants.

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Commentaires 21

Ehpotsirhc

J'esspere que les agriculteurs de cette commune et des communes voisines n' épandent plus les boues de la station d'épuration, car c'est l'agriculture conventionnelle qui élimine la polution des villes. ALORS EN SOUTIEN pour les agriculteurs concerné ARRETONS TOUS D'UTILISER LES BOUES D'EPURATION partout en France, nos élus vont vite se rendre compte que nous sommes indispansable.

Francois du 67

C'est le consommateur qui est maitre de sont destin, s'il choisi d'acheter du bio dans les magasins de producteurs à un tarifs équitable pour celui-ci il feras avancer la production vers un respect croissant des sols (pas de forcément de l'atmosphère) !!! Vouloir acheter peu cher n'est un respect ni pour la nature ni pour le producteur !! Alors citadins cessez d'être hypocrites et faites évoluer la planète par vos achats et non par des revendication pour lesquelles vous ne seriez pas prêt à faire de tels efforts sans rénummération !!!

Nat

Les gens sont complètements déconnectés de la réalité:"JE NE VEUX PAS DE PESTICIDES MAIS JE FAIS MES COURSES CHEZ LIDEL"
Après en tant qu'agriculteur il fait arrêter de nier que les phyto c'est de la merde !!! Ca nous bousille la santé, et on empoisonne nos sols, combien de collègues on un cancer...?
Comment on peut en vouloir aux gens de ne pas vouloir s'en ramasser dessus toute la journée ?
Le problème c'est que l'on est tombé dans un engrenages du quel on ne peut plus sortir et dont on n'est plus maître (faible valorisation de nos produits concurrence mondiale...).
Je n'ai pas de solution...

gege17

le bio ne résoudrat pas tous les probléme de pollution en france il est toujours faciles de "tirer sur le pulvé"et sur le paysan,les problémes sont autre,chacun pollue a sa façon méme et surtout les citadins.

badlnpn

Toujours l' écologie à sens unique contre l'agriculture conventionnelle. Arrêtons donc l' utilisation des énergies fossiles et toutes ses applications, vous aurez la révolution pour
le bonheur de l' écologisme primaire.

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